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HORS-LES-MURS #8 – Le capitalisme en insuffisance respiratoire ?

Avec la fermeture de nombreux commerces et de pans entiers de l’économie, le ralentissement des échanges internationaux et la chute de la « croissance », la panique des bourses et l’injection massive de liquidités par les banques centrales, il est tentant d’accorder du crédit aux discours annonçant la fin prochaine de la « mondialisation », du néo-libéralisme, quand ce n’est pas du « capitalisme » lui-même. 

Placé en soins intensifs avec les gouvernements à son chevet, ce dernier vit-il ses derniers instants ? Maintes fois énoncée, la prophétie ne s’est jamais réalisée. Dès lors, faut-il plutôt nous attendre, dans le sillage des turbulences de l’après crise de 2008, à une nouvelle séquence de transformation du « système », voire de radicalisation de ses logiques sur fond de tensions sociales ?


L’économie française en état d’exception
 
(Mediapart)

En France, pour le journaliste de Mediapart Romaric Godin, l’économie aurait basculé dès la mi-mars, avec la mise en place du confinement, dans un mode de gestion « administré », au sein duquel l’État jouerait un rôle prépondérant : « Évidemment, l’économie marchande n’a pas entièrement disparu, loin de là. (…) Néanmoins, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle est en sommeil et l’État a pris le relais en assurant une création monétaire de substitution à cette création de richesses. »

La BCE lance un plan d’urgence historique pour calmer les marchés (Le Monde)

Pour éviter l’effondrement du secteur privé, le gouvernement a sorti l’artillerie lourde, annonçant 45 milliards d’euros en soutien aux entreprises et 300 milliards de garantie sur les crédits. Au niveau international, face aux marchés pris de vertiges, la Banque centrale européenne (BCE) annonçait de son côté « un plan de sauvetage colossal » de 750 milliards d’euros, tandis que les règles d’équilibre budgétaire étaient suspendues par la Commission européenne.

« L’enjeu de cette crise est de planifier la mutation de l’économie »  (Mediapart)

Pour l’économiste Cédric Durand, de telles politiques prennent « le contre-pied complet du dogme des « finances saines » qui vise, en réalité, à garantir au secteur privé le monopole du financement de l’économie. (…) Cette crise, poursuit l’enseignant-chercheur, rend visibles des instruments de politique économique que l’on écartait jusqu’ici. On comprend bien pourquoi elle constitue une opportunité de tourner définitivement la page du néolibéralisme. »

Pour autant, prévient l’universitaire, « il ne faudrait pas se bercer d’illusions. Rien ne se fera sans batailles sociales et politiques. (…) On ne peut que constater que le plus grand soutien est encore une fois accordé par les banques centrales aux marchés financiers, au secteur bancaire et aux très grandes entreprisesL’objectif des autorités reste de sauver l’économie telle qu’elle est, dans sa structure actuelle. »

« Si cette crise est très violente, on peut espérer qu’elle ne sera pas très longue » (Le Figaro)

Dans les milieux financiers, on table sur une crise transitoire et on pense le coup d’après. Tout en préconisant, selon les recettes habituelles, une «  baisse des impôts des entreprises » et « des aides fiscales à l’investissement », l’économiste « en chef » de la banque d’affaires Natixis, Patrick Artus, reconnaît la nécessité d’une « hausse des dépenses dans la santé, l’éducation », une « accélération de la transition énergétique », de même que des embauches de « personnel hospitalier, enseignants, policiers. » Les États, ajoute-t-il, voudront engager un rapatriement des industries stratégiques jusqu’ici délocalisées.

La fin de la mondialisation ? (Foreign policy)

La « mondialisation », telle que nous la connaissons, vit-elle ses derniers instants ? La revue états-unienne Foreign Policy (proche du camp démocrate) pose la question dans son dernier dossier. Si l’un des auteur.e.s juge que « la crise menace d’ouvrir la voie à un monde moins globalisé », d’autres estiment qu’elle débouchera plutôt sur une réorganisation géographique de la production. Laurie Garrett annonce ainsi « une nouvelle étape spectaculaire du capitalisme globalisé, qui verrait les chaînes d’approvisionnement rapprochées et garnies de surplus afin d’éviter de nouvelles ruptures. Ce qui pourrait réduire les profits à court-terme, mais rendre la totalité du système plus résilient. »

La capitalisme du coronavirus, et comment le combattre   (The Intercept)

Alors, « business as usual » ? La journaliste canadienne Naomi Klein tente d’attirer l’attention sur le risque d’une nouvelle « stratégie du choc » qui, en lieu et place d’une remise en question des orientations habituelles, verrait au contraire les gouvernements profiter de la crise pour approfondir les politiques néolibérales.

« Nous connaissons, illustre-t-elle, les plans de Trump : une stratégie du choc dans la pandémie. Privatiser la sécurité sociale, fermer les frontières, enfermer toujours plus de migrants. (…) Mais la fin de l’histoire n’est pas écrite. Nous avons aussi, à portée de main, un éventail d’idées alternatives. Beaucoup étaient jugées trop radicales il y a encore une semaine. Aujourd’hui, elles commencent à être considérées comme la seule voie raisonnable pour sortir de la crise. »

Crise et Reprise – Le coronavirus et l’économie aux États-Unis (Agitations)

Le devenir des marchés sera en tout état de cause lié à l’état de santé du cœur de la machine, à savoir l’économie états-unienne. L’historien Aaron Benanav, spécialiste du chômage, alerte sur les conséquences de la crise sur les classes populaires du pays, évoquant « un cataclysme en cours sur le marché du travail ». Et de prévenir : « 2019 aura été une année de soulèvements dans le monde entier. Attendez-vous à ce que 2020 en apporte davantage. »

Hors les murs – Nouvelles d’un monde bouleversé

Comment nous informer sur cette crise inédite ? Par son ampleur, sa rapidité, par les bouleversements qu’elle provoque dans nos vies, celle-ci nous sidère, nous inquiète, nous déstabilise et menace de nous faire perdre prise sur une réalité inconcevable il y a à peine quelques semaines. Continue, anxiogène, l’avalanche d’infos alimente le sentiment d’être submergé.e.s, dépassé.e.s. Il est pourtant plus que jamais nécessaire de comprendre, de donner un sens à ce que nous vivons, et donc de nous réapproprier les enjeux. Nécessaire pour ne pas être tenu.e.s à l’écart de décisions qui nous concernent tou.te.s, nécessaire pour maintenir notre capacité collective à agir et garder prise sur la situation.

C’est pourquoi chaque jour, nous publierons ici mais aussi sur Télégram et Facebook, une sélection d’informations fiables et vérifiées. Chaque jour, nous aborderons une nouvelle thématique pour tenter d’appréhender cette crise complexe et d’en examiner les nombreuses facettes.

Qui travaille encore et dans quelles conditions ? Que signifie « rester chez soi » selon où l’on se trouve ? Quels sont les effets sur les femmes de la pandémie et de sa gestion ? Pendant et après, comment tisser des solidarités ? Quel(s) monde(s) reconstruire ?… Dans le tourbillon d’infos, nous retiendrons les témoignages, enquêtes, tribunes, analyses… qui éclairent cette époque troublée. Cette sélection, non exhaustive, a bien-sûr vocation à être alimentée, complétée, discutée.

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HORS-LES-MURS #7 – Face aux violences domestiques, les réponses laissent sceptique

@dayofisa

Pour des milliers de femmes et d’enfants, le foyer n’est pas un lieu sûr. En période de confinement, il devient même un piège. « Ces dernières semaines, tandis que s’aggravaient les pressions économiques et sociales et que la peur s’installait, le monde a connu une horrible flambée de violences domestiques », a déclaré dimanche 5 avril le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avant de lancer un appel mondial à protéger les femmes et jeunes filles « à la maison ». 

En France, cette flambée était notable dès la première semaine du confinement. « En zone gendarmerie », ces violences ont augmenté de « 32% en une semaine », et, dans la zone de la Préfecture de police de Paris, elles ont été en hausse de « 36% en une semaine ».  Les mesures d’urgence adoptées depuis laissent celles et ceux qui travaillent de longue date sur des violences de genre sceptiques. En matière de droits des femmes comme à l’hôpital, les annonces grandiloquentes – et parfois déroutantes – ne suffisent pas à rattraper des années d’incurie.

Un phénomène mondial (France Inter)

Le phénomène est mondial. « En Chine, berceau de l’épidémie qui sort progressivement d’une quarantaine drastique de plusieurs semaines, l’association des Droits de la femme Weiping a fait état d’un triplement des violences rapportées », peut-on lire sur France Inter. Le même article fait état d’une « hausse de 25% des appels et des signalements sur le web au Royaume-Uni, des appels qui augmentent de 16% en Espagne, une augmentation de 40 ou 50% au Brésil, et de 20% au Texas. »

« Il n’est pas interdit de fuir » ( Nous toutes)

« Il est déconseillé de sortir, il n’est pas interdit de fuir », repète le collectif féministe #Noustoutes sur les réseaux sociaux. Une avocate spécialisée dans la défense des victimes de violences conjugales a même laissé son numéro de portable pour recevoir à toute heure du jour et de la nuit les appels à l’aide des femmes confinées avec un homme violent.

Déluge d’annonces, de numéros et de mesures d’urgence (Le Monde)

Depuis trois semaines, le gouvernement français multiplie les annonces : mise en place d’un dispositif d’alerte dans les pharmacies, possibilité de prévenir la police par SMS ; financement de 22 000 nuits d’hôtel pour faciliter les mises à l’abri et les éloignements, déblocage d’un million d’euros pour les associations etc.


« Certains commissariats ne prennent plus de plaintes » (La Croix)

Dans le même temps, les associations déplorent que « certains commissariats ne prennent plus de plaintes. » Elles demandent au gouvernement « des mesures pour que le conjoint violent soit confiné ailleurs, loin de ses victimes potentielles, jusqu’à la fin de la crise sanitaire ».

Une plateforme de logement pour permettre l’éviction des conjoints violents (Ouest France)

Le gouvernement a annoncé l’ouverture « d’une plateforme temporaire de logements, qui permettra l’éviction des conjoints violents. » La sécrétaire d’État en charge de l’égalité femmes- hommes, Marlène Schiappa, précise également que « les 20 000 nuitées d’hôtels supplémentaires que nous destinons aux femmes pourront également servir, en complément de cette plateforme, pour faciliter l’éviction du conjoint violent. » 

« Pour sauver des vies un SMS ne suffira pas » (Le Monde)

Des chercheuses spécialistes des violences de genre et des institutions judiciaires, affirment que ces mesures ne sont pas adéquates. « Pour sauver des vies, il ne suffit pas d’empiler numéros et mesures d’urgence. Surtout quand ces mesures sont imposées à des fonctionnaires épuisé·es, insuffisamment formé·es et en sous-effectif ou tout simplement déléguées à des associations aux budgets insuffisants. En temps normal, le système est déjà asphyxié. Cela fait vingt ans qu’en matière de violences conjugales, l’Etat vote des lois sans engager les dépenses qui les rendraient efficaces », expliquent-elles dans une tribune publiée dans Le Monde. 


« Les hommes qui exercent des violences ne s’arrêtent pas d’eux-mêmes. » ( Le Monde)

Depuis le 6 avril, un numéro destiné aux auteurs de violences baptisé « Ne frappez pas » a été mis en place. Ce dispositif, basé sur la responsabilité individuelle de l’agresseur, laisse sceptique les chercheuses de cette tribune. « La violence conjugale ne se résume pas à un simple conflit de couple qui aurait dégénéré. Elle engage des rapports de domination et des pratiques de contrôle complexes qui alimentent le danger. Les hommes qui exercent des violences sur leur partenaire ne s’arrêtent pas d’eux-mêmes ».

Un manque de moyens chronique (Mediapart) 

En novembre dernier encore, le Premier ministre annonçait quelques mesures sans moyens supplémentaires. Les conséquences s’en font sentir aujourd’hui. « L’annonce principale c’est que le Premier ministre confirme qu’ils ne mettront pas un euro supplémentaire sur la table», déplorait alors la militante féministe Caroline de Haas.

Photo : Image extraite du compte Instagram Collages féminicides Paris. Collage virtuel réalisé par @dayofisa le 4 avril 2020.

@dayofisa
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Hors les murs – Nouvelles d’un monde bouleversé

Comment nous informer sur cette crise inédite ? Par son ampleur, sa rapidité, par les bouleversements qu’elle provoque dans nos vies, celle-ci nous sidère, nous inquiète, nous déstabilise et menace de nous faire perdre prise sur une réalité inconcevable il y a à peine quelques semaines. Continue, anxiogène, l’avalanche d’infos alimente le sentiment d’être submergé.e.s, dépassé.e.s. Il est pourtant plus que jamais nécessaire de comprendre, de donner un sens à ce que nous vivons, et donc de nous réapproprier les enjeux. Nécessaire pour ne pas être tenu.e.s à l’écart de décisions qui nous concernent tou.te.s, nécessaire pour maintenir notre capacité collective à agir et garder prise sur la situation.

C’est pourquoi chaque jour, nous publierons ici mais aussi sur Télégram et Facebook, une sélection d’informations fiables et vérifiées. Chaque jour, nous aborderons une nouvelle thématique pour tenter d’appréhender cette crise complexe et d’en examiner les nombreuses facettes.

Qui travaille encore et dans quelles conditions ? Que signifie « rester chez soi » selon où l’on se trouve ? Quels sont les effets sur les femmes de la pandémie et de sa gestion ? Pendant et après, comment tisser des solidarités ? Quel(s) monde(s) reconstruire ?… Dans le tourbillon d’infos, nous retiendrons les témoignages, enquêtes, tribunes, analyses… qui éclairent cette époque troublée. Cette sélection, non exhaustive, a bien-sûr vocation à être alimentée, complétée, discutée.

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HORS-LES-MURS #6 – Amazon à plein régime, les salariés en première ligne

Un porte-gobelet gonflable en forme de licorne. Un masque exfoliant pour les pieds. Un mug en céramique à l’effigie de Kim Jung Un. Des pinces à chignon. Le 2 avril dernier, l’ONG Les Amis de la Terre lançait sur Twitter un jeu concours où les internautes devaient publier les objets les plus absurdes que proposait Amazon. Le but : prouver que le site américain ne se contente pas de livrer des produits essentiels, comme il s’était engagé à le faire.

Profitant des nombreux commerces fermés, la multinationale dirigée par Jeff Bezos pourrait profiter de la crise pour étendre son activité. Ses salariés, en première ligne face à l’épidémie, sont-ils suffisamment protégés ? L’activité d’Amazon et des plateformes logistique peut-elle être maintenue dans des conditions sanitaires satisfaisantes ? Hors-les-Murs vous propose une sélection de sujets plongeant dans les entrailles de la plus grande plateforme de vente en ligne du monde, qui incarne notre dépendance au secteur de la logistique.

Pour les syndicats, une impossible protection des travailleurs  (20 Minutes)

Mis en cause dès la première semaine du confinement, Amazon a assuré mettre en place toutes les mesures nécessaires. Des promesses jugées bien vaines pour les syndicats. « Sauf à habiller les salariés en cosmonautes, les règles de distanciation ne peuvent pas être observées. La concentration des travailleurs les rend inopérantes », a déclaré Laurent Degousée, représentant de Sud Commerce, le premier syndicat au sein d’Amazon en France. Tous réclament la fermeture des sites afin de protéger les salariés.

Des employés testés positifs sur le site de Brétigny-sur-Orge  (Bastamag)

Selon la CGT, quatre personnes auraient été diagnostiquées positives au COVID dans l’entrepôt de Brétigny-sur-Orge. Un salarié terrorisé témoigne sous anonymat : « Lorsque nous venons sur le site avec nos propres protections personnelles, la direction nous dit que l’on va faire peur aux gens et qu’on ne peut pas venir travailler comme ça. Ils nous les font enlever. Nous n’avons aucune protection. La direction nous force à prendre des congés payés si on vient travailler avec masques et gants. Des gens risquent leur vie. »

Les livreurs en première ligne face à l’épidémie  (Reporterre)

« Je n’ai pas le droit d’aller voir ma famille ni mes amis, par contre, je dois livrer 90 clients dans la journée, toucher 90 interphones, portes, etc. Ça n’a aucun sens. » Au bout de la chaîne de distribution, les livreurs, bien souvent des sous-traitants, travaillent la peur au ventre. « La livraison à domicile peut créer de nouvelles chaînes de contamination. Le gouvernement n’a rien anticipé, il a pris des mesures en état de panique cognitive. Il n’y a eu aucun calcul bénéfice/risque entre les différentes stratégies », juge Laurent Gerbaud, professeur de santé publique au CHU de Clermont-Ferrand. 

Une épidémie qui bouleverse l’ensemble de la chaîne logistique (Acta)

Au-delà d’Amazon, c’est l’ensemble de la chaîne logistique qui se retrouve bouleversée, révélant notre dépendance aux réseaux de stockage et de transport. Dans la plateforme du groupe Geodis à Gennevilliers, où transitent notamment des colis d’Amazon, un employé a été testé positif au COVID 19. Ses collègues ont entamé un véritable bras de fer avec l’entreprise pour obtenir la mise en place de mesures sanitaires.

«Je n’ai jamais vu autant d’activité dans mon entrepôt Amazon» (Le Monde diplomatique)

« Partout dans le monde, les travailleurs des entrepôts logistiques Amazon font face à un afflux inédit de commandes. Que se passe-t-il dans les gigantesques plates-formes de la multinationale américaine ? »

Les appels à la grève se multiplient dans le monde  (Le Monde)

Pour faire respecter les mesures sanitaires, des employés Amazon de plusieurs pays ont menacé de se mettre en grève comme en Italie. Aux Etats-Unis, Chris Smalls, un employé qui a co-organisé une grève dans un site de Staten Island, à New York, a été licencié. En France, certains employés appellent la grève, tandis que d’autres veulent exercer leur droit de retrait. 

Et si Amazon soutenait les librairies ? (Actualité)

Les livres, un produit de première nécessité ? Puisque la question de la réouverture des librairies un temps évoquée n’a pas fait long feu, beaucoup craignent qu’Amazon ne gagne des parts de marché. Pour contrer cela, certains libraires appelent à un boycott, alors que d’autres proposent que le géant américain participe au fond de soutien aux librairies indépendantes envisagé par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, pour relancer la chaîne du livre après la fin du confinement. 

Hors les murs – Nouvelles d’un monde bouleversé

Comment nous informer sur cette crise inédite ? Par son ampleur, sa rapidité, par les bouleversements qu’elle provoque dans nos vies, celle-ci nous sidère, nous inquiète, nous déstabilise et menace de nous faire perdre prise sur une réalité inconcevable il y a à peine quelques semaines. Continue, anxiogène, l’avalanche d’infos alimente le sentiment d’être submergé.e.s, dépassé.e.s. Il est pourtant plus que jamais nécessaire de comprendre, de donner un sens à ce que nous vivons, et donc de nous réapproprier les enjeux. Nécessaire pour ne pas être tenu.e.s à l’écart de décisions qui nous concernent tou.te.s, nécessaire pour maintenir notre capacité collective à agir et garder prise sur la situation.

C’est pourquoi chaque jour, nous publierons ici mais aussi sur Télégram et Facebook, une sélection d’informations fiables et vérifiées. Chaque jour, nous aborderons une nouvelle thématique pour tenter d’appréhender cette crise complexe et d’en examiner les nombreuses facettes.

Qui travaille encore et dans quelles conditions ? Que signifie « rester chez soi » selon où l’on se trouve ? Quels sont les effets sur les femmes de la pandémie et de sa gestion ? Pendant et après, comment tisser des solidarités ? Quel(s) monde(s) reconstruire ?… Dans le tourbillon d’infos, nous retiendrons les témoignages, enquêtes, tribunes, analyses… qui éclairent cette époque troublée. Cette sélection, non exhaustive, a bien-sûr vocation à être alimentée, complétée, discutée.

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HORS-LES-MURS #5 – Le scandale des masques : mensonges d’État et consignes erratiques

Des annonces triomphales qui masquent mal une pénurie réelle, des stocks stratégiques évaporés, des tutoriels de fabrication publiés par des autorités sanitaires, des annonces pétaradantes de « pont aérien » avec la Chine, des États qui se ruent vers « l’or blanc » jusqu’à détourner des cargaisons sur les tarmacs… Chaque jour ou presque, le feuilleton des masques de protection s’enrichit d’un nouvel épisode invraisemblable. Ils sont devenus l’emblème de la gestion erratique, voire calamiteuse, de la pandémie par les autorités politiques et sanitaires. Vous n’avez pas tout suivi ? « Hors les murs » vous propose un petit récapitulatif. 

Le port du masque pour le grand public est encouragé, voire obligatoire, dans de plus en plus de pays. (LCI)

Après la Corée du Sud et Taïwan, où le port du masque en public est répandu depuis les débuts de la pandémie, plusieurs pays emboîtent le pas. Aux USA, Trump a « recommandé » aux citoyens de se doter de masques artisanaux le 3 avril. En Italie, une nouvelle ordonnance oblige à se protéger le nez et la bouche lors des sorties, y compris avec un foulard. En Slovaquie, le port du masque est maintenant obligatoire à chaque sortie. La République Tchèque encourage la confection de masques maison. En Autriche, à partir du 6 avril, les commerces devront donner gratuitement un masque bouche-nez à chaque client. En Ouzbékistan, les masques sont obligatoires dans toutes les grandes villes depuis le 29 mars. Pendant ce temps là, l’OMS s’en tient toujours à sa position initiale, craignant que le port généralisé diminue la rigueur des gestes barrières. Une réflexion est cependant en cours. « La pandémie évolue, les preuves et nos avis aussi » a déclaré son directeur, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Début avril, changement dans la stratégie française  (Le Parisien)

Le 3 avril, l’Académie de Médecine française a recommandé que le port de masques grand public, « alternatifs » auxmodèles  chirurgicaux, soit obligatoire pour toute la population. Jusqu’alors, les autorités politiques et sanitaires considéraient que la transmission par aérosol des personnes asymptomatiques restait négligeable et que l’application stricte des « gestes barrières » était suffisante. Celles-ci martelaient sur tous les tons qu’il ne servait à rien que le grand public se dote de masques – « ça n’est pas nécessaire de porter des masques dans la rue », disait Olivier Véran, le ministre de la Santé le 25 mars. 

Quand l’État ment autour de la pénurie. (Mediapart)

Une enquête de Mediapart a révélé les dysfonctionnements et les mensonges au sommet de l’État, qui ont conduit à la pénurie actuelle de masques chirurgicaux. Nous vous résumons ici ses principales conclusions : 

  • « Fin janvier et début février, le ministère de la Santé, conscient de la faiblesse des stocks d’État, n’a décidé de commander qu’une très faible quantité de masques, malgré des alertes internes.
  • Après ce premier fiasco, l’État a créé, début mars, une cellule interministérielle dédiée à l’achat de masques. Mais lors des trois premières semaines de mars, la cellule n’a pu obtenir que 40 millions de masques – une semaine de consommation au rythme contraint actuel. La cellule a notamment raté plusieurs possibilités de livraisons rapides.
  • Le gouvernement a caché cette pénurie pendant près de deux mois et, en fonction des stocks, a adapté ses consignes sanitaires sur le port du masque. 
  • Des entreprises dans des secteurs « non essentiels » de l’économie ont continué à consommer des masques, pour des raisons économiques. Exemple : l’avionneur Airbus, qui semble avoir bénéficié d’un traitement de faveur. 
  • Le gouvernement tente désormais de renflouer les stocks, avec une stratégie à 180° : il faut préparer la sortie de confinement, « où on sait qu’il faudra massivement équiper la population», ainsi que l’a admis la secrétaire d’État à l’économie, Agnès Pannier-Runacher, dans une réunion dont Mediapart a obtenu l’enregistrement. »

Quand les politiques de préparation à la pandémie des années 2000 sont oubliées (Revue Cairn)

Pour le sociologue Didier Torny, la pénurie actuelle de masques n’est pas uniquement imputable à la calamiteuse gestion de crise du gouvernement français. « Non seulement il n’y a pas eu de préparation en amont, mais c’est la pensée même de ce qu’est une préparation à la crise qui semble totalement absente des actions gouvernementales. […] Mais tout ce travail effectué dans les années 1990 et 2000… il ne semble rien en rester […] ! Le problème des masques n’est qu’une des conséquences, la plus immédiatement visible, de la disparition de cette forme de pensée. »

Les politiques de « préparation » à une pandémie – un risque connu et jugé comme « certain » par l’OMS depuis le début des années 2000 – développées entre 2004 et 2012 ont été oubliées, sacrifiées sur l’autel d’une logique comptable court-termiste. À la fin des années 2000, le stock stratégique de santé dépassait le milliard d’euros – près de 250 millions pour les masques. Mais la gestion de la pandémie de H1N1 en 2009 par les autorités est considérée comme trop dispendieuse. À partir de 2012, « la démobilisation et les coupes budgétaires vont réduire à presque rien ces dispositifs de préparation, dans une indifférence politique générale. » S’en suit la situation actuelle : « 1, on n’a pas les masques, 2, on n’a pas les tests, 3, on n’a pas les autres protections et 4, on n’a rien préparé… Il ne reste alors que des mesures extrêmes comme le confinement et la mise à l’arrêt d’une grande partie du fonctionnement économique et social. » 

Quand la principale usine de masque française a été sacrifiée du fait du désengagement de l’État  (France Inter)

« Alors que la France manque cruellement de masques face à l’épidémie de coronavirus, l’entreprise française de Plaintel, installée en Bretagne, qui pouvait en fabriquer jusqu’à 200 millions par an, a fermé en septembre 2018 après avoir été rachetée par un groupe américain ». L’État, qui était son premier client, s’est désengagé à partir de 2010. « À l’époque, la fermeture de l’usine a été considérée comme un non-évènement, s’indigne Serge Le Quéau, militant au syndicat Solidaires des Côtes-d’Armor. Jamais la question de l’utilité sociale de cette production de masques n’a été abordée. C’est la logique du marché qui a prévalu. Fabriquer des masques à un moindre coût en Chine ou en Tunisie paraissait sensé pour nos responsables politiques et économiques. On voit bien aujourd’hui que c’est totalement absurde!  »

La ruée internationale vers les masques en Chine (Courrier International)

« Pris au dépourvu par la pandémie, incapables de les produire eux-mêmes en nombre suffisant, les pays, notamment occidentaux, cherchent des milliards de masques, principalement en Asie : une situation qui conduit à faire fi des règles et du fair-play censés prévaloir dans les échanges économiques mondiaux ».

Historique de du port des masques en cas d’épidémie (New York Times) (Version française ici)

Les masques anti-épidémies, tels que nous les connaissons aujourd’hui, furent inventés en Chine il y plus d’un siècle, lorsque l’État Chinois tenta pour la première fois de contenir une épidémie par des moyens bio-médicaux en 1911. (…) Les masques n’étaient pas seulement un outil effectif de protection : ils servirent aussi d’excellents outils de communication publique pour affirmer la position de la Chine comme puissance moderne et scientifique. Le Docteur Wu le savait bien. Il s’assura que ses opérations anti-épidémiques soient méticuleusement photographiées, faisant de son masque un emblème des connaissances pionnières de la Chine, en avance sur la médecine de l’Ouest.

Les photos firent sensation à l’international : entre janvier et mars 1911, les journaux du monde entier publièrent des photos des masques du docteur Wu – qui ressemblent beaucoup aux fins masques blancs que nous connaissons aujourd’hui. Pas chers, faciles à produire et à porter, et dans la plupart des cas efficaces, ce fut un triomphe. Quand la grippe espagnole de 1918 frappa, les masques furent immédiatement adoptés. 

Pourquoi devrions-nous tous porter des masques (Medium)

« Compte tenu de l’objectif déclaré d’ « aplatir la courbe », toute réduction supplémentaire, même partielle, de la transmission serait la bienvenue – même celle que permettent les masques chirurgicaux ou les simples masques faits maison, qui n’aggraveraient pas les problèmes d’approvisionnement. Les dernières découvertes biologiques sur l’entrée du virus dans les tissus humains, de même que la balistique des gouttelettes de toux ou d’éternuement suggèrent que le principal mécanisme de transmission ne se fait pas par les aérosols fins mais par les grosses gouttelettes, ce qui justifie le port de masques chirurgicaux par tous. »

Hors les murs – Nouvelles d’un monde bouleversé

Comment nous informer sur cette crise inédite ? Par son ampleur, sa rapidité, par les bouleversements qu’elle provoque dans nos vies, celle-ci nous sidère, nous inquiète, nous déstabilise et menace de nous faire perdre prise sur une réalité inconcevable il y a à peine quelques semaines. Continue, anxiogène, l’avalanche d’infos alimente le sentiment d’être submergé.e.s, dépassé.e.s. Il est pourtant plus que jamais nécessaire de comprendre, de donner un sens à ce que nous vivons, et donc de nous réapproprier les enjeux. Nécessaire pour ne pas être tenu.e.s à l’écart de décisions qui nous concernent tou.te.s, nécessaire pour maintenir notre capacité collective à agir et garder prise sur la situation.

C’est pourquoi chaque jour, nous publierons ici mais aussi sur Télégram et Facebook, une sélection d’informations fiables et vérifiées. Chaque jour, nous aborderons une nouvelle thématique pour tenter d’appréhender cette crise complexe et d’en examiner les nombreuses facettes.

Qui travaille encore et dans quelles conditions ? Que signifie « rester chez soi » selon où l’on se trouve ? Quels sont les effets sur les femmes de la pandémie et de sa gestion ? Pendant et après, comment tisser des solidarités ? Quel(s) monde(s) reconstruire ?… Dans le tourbillon d’infos, nous retiendrons les témoignages, enquêtes, tribunes, analyses… qui éclairent cette époque troublée. Cette sélection, non exhaustive, a bien-sûr vocation à être alimentée, complétée, discutée.

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HORS-LES-MURS #4 – Surveillance informatique : des libertés individuelles en quarantaine ?

Utilisation de données téléphoniques, bancaires ou d’algorithmes… Au nom de la sécurité sanitaire, l’État renforce les dispositifs numériques de surveillance et de contrôle social qui menacent les libertés individuelles. La Chine, souvent présentée comme précurseur dans la mise en œuvre de tels systèmes, n’est aujourd’hui plus la seule à utiliser les données téléphoniques pour contrôler la population. En France, cette pratique, déjà facilitée par la loi sur le renseignement de 2015, semble aujourd’hui s’intensifier. 

Les systèmes de surveillance profitent des périodes de crise pour s’épanouir, au risque de leur survivre. Mais doit-on choisir entre lutte contre l’épidémie et protection de la vie privée ? L’urgence sanitaire justifie-t-elle des atteintes pérennes aux libertés publiques ? 

Les téléphones déjà sous surveillance (La Quadrature du Net)

Face au COVID-19, de nombreux États annoncent leur intention de recueillir massivement des données de géolocalisation auprès des opérateurs de communication. En Chine, aux États-Unis, en Italie, en Israël, en Corée du Sud, en Belgique. En dépit d’un amendement scélérat proposé par l’opposition, une telle ambition est pour l’heure absente du projet de loi français dédié à l’épidémie, actuellement débattu au Parlement. Et pour cause : depuis 2015, la loi renseignement autorise déjà de telles mesures. L’an dernier, [la Quadrature du Net a] attaqué cette loi devant le juge de l’Union Européenne, dont [elle attend] bientôt la décision. Cet article en rappele les dangers.

L’utilisation actuelles des données téléphoniques dans la « gestion de crise »  (Le Figaro)

« Quarantaine intelligente » ou violation de la vie privée ? La République tchèque teste un système informatique de surveillance en vue de lutter contre l’épidémie. Ce système informatique retrace rapidement, grâce aux données notamment de téléphonie, les contacts qu’ont eu des personnes infectées par le nouveau coronavirus, afin d’enrayer sa propagation.

Quand l’Europe réclame les données des opérateurs téléphoniques (Le Monde)

 Bruxelles a demandé des données statistiques agrégées et non nominatives pour vérifier « si les consignes de confinement sont appliquées » et combattre la pandémie. En France, Orange a été choisi pour répondre à cette demande.  

Quand Orange donne ses données à l’Etat français (Le Monde)

Selon une analyse statistique réalisée par Orange à partir des données de ses abonnés téléphoniques, 17 % des habitants de la métropole du Grand Paris ont quitté la région entre le 13 et le 20 mars. 

Quand une start-up fabrique l’application « CoronApp » pour suivre la pandémie à la trace  (Cnews)

Au-delà des données provenant des opérateurs téléphoniques, des outils spécifiques de géolocalisation, impliquant un traçage par GPS, pourraient être déployés. À l’instar de plusieurs pays comme la Corée du Sud, la Chine, l’Autriche, l’Allemagne… le gouvernement français a annoncé, mardi 24 mars, réfléchir à une «stratégie numérique d’identification des personnes ayant été au contact de personnes infectées». Cette volonté a été entendue. En 72 heures, une start-up a créé une application géolocalisée, baptisée «CoronApp», programmée pour suivre les mouvements et les interactions des utilisateurs pendant quatorze jours. Ainsi, « si un porteur du virus se déclare comme malade du Covid-19, l’algorithme va retracer son parcours pour vérifier les personnes que l’utilisateur contaminé a croisées et les informera via une notification alors de l’heure et de la date à laquelle ils ont été en contact avec cette personne. »

Anonymes ? Jusqu’à quand ? 

Jusqu’à présent, l’approche adoptée en France s’appuie sur des données anonymisées et agrégées, en conformité avec la règlementation européenne, la RGPD. Mais d’autres pays, comme la Corée du Sud, Singapour ou Taïwan vont plus loin avec le backtracking, ou traçage numérique, qui consistent à collecter et traiter les données personnelles de géolocalisation GPS des téléphones de particuliers. Ces techniques permettent d’isoler et de suivre des individus quitte à identifier publiquement les personnes malades. Pour l’heure, le gouvernement français est ambivalent : tandis que Christophe Castaner dément travailler sur le traçage de données – « pas dans la culture française » – , la ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, laisse entrevoir une stratégie pistage-dépistage

Quand un sondage prétend qu’une majorité de français seraient favorable à une application similaire (Le Monde)

Un sondage sur un échantillon de 1000 posesseurs de smartphone commandé par une équipe de recherche de l’université britannique d’Oxford montrerait, selon Le Monde, « que [huit français sur dix] seraient favorables à l’utilisation d’une application enregistrant leurs interactions sociales et les avertissant s’ils ont été en contact avec une personne malade du Covid-19, ou prévenant ceux qu’ils ont côtoyés s’ils sont eux-mêmes infectés. » Les trois principaux freins ? Le risque de piratage, la possibilité que cette surveillance puisse être prolongée et le risque d’une augmentation de l’anxiété. L’étude est cependant limitée : « les sondés ont uniquement été interrogés sur un projet précis, formulé par une université respectable et connue mondialement. » Rien ne dit que l’acceptabilité soit la même dans le cadre d’un projet présenté par le gouvernement.

Vers un contrôle social durable ? (Revue Terrestres)

Dans cet article, Gideon Lichfield s’appuie sur les modélisations de l’évolution de la pandémie réalisées par l’équipe des épidémiologistes de l’Imperial College de Londres, paru le 16 mars, et reprises par le Comité scientifique qui conseille Macron. Le pronostic qu’en tire l’auteur est clair : l’épidémie ne disparaîtra pas au bout de 2 ou de 6 mois. Nos vies confinées et contrôlées non plus. Nous entrons dans le temps du délitement : il faut nous préparer à un cycle long alternant périodes de privation de libertés, lors des résurgences du virus, et moments d’assouplissement de ces restrictions en périodes de décrue. Lichfield pronostique que le nouvel impératif de sécurité sanitaire va doucement envahir nos vies et les conduire vers plus de surveillance, de contrôle social et surtout d’inégalités. 

 Appel à la vigilance  (France Culture)

Dans ce contexte, les appels se multiplient pour rester  » vigilants que jamais face à l’aspect technologique de la crise sanitaire actuelle ». On pourrait craindre ainsi la mise en place d »indice de contagiosité, qui pénaliserait  les travailleurs les plus exposés ». « Le risque est que l’opinion finisse par considérer ces mesures de surveillance comme naturelles »Olivier Tesquet, journaliste à Télérama et auteur de A la trace, enquête sur les nouveaux territoires de la surveillance, s’inquiète : « Il ne faudrait pas que ces techniques qui empiètent sur les libertés viennent pallier l’impréparation du gouvernement. » 

Hors les murs – Nouvelles d’un monde bouleversé

Comment nous informer sur cette crise inédite ? Par son ampleur, sa rapidité, par les bouleversements qu’elle provoque dans nos vies, celle-ci nous sidère, nous inquiète, nous déstabilise et menace de nous faire perdre prise sur une réalité inconcevable il y a à peine quelques semaines. Continue, anxiogène, l’avalanche d’infos alimente le sentiment d’être submergé.e.s, dépassé.e.s. Il est pourtant plus que jamais nécessaire de comprendre, de donner un sens à ce que nous vivons, et donc de nous réapproprier les enjeux. Nécessaire pour ne pas être tenu.e.s à l’écart de décisions qui nous concernent tou.te.s, nécessaire pour maintenir notre capacité collective à agir et garder prise sur la situation.

C’est pourquoi chaque jour, nous publierons ici mais aussi sur Télégram et Facebook, une sélection d’informations fiables et vérifiées. Chaque jour, nous aborderons une nouvelle thématique pour tenter d’appréhender cette crise complexe et d’en examiner les nombreuses facettes.

Qui travaille encore et dans quelles conditions ? Que signifie « rester chez soi » selon où l’on se trouve ? Quels sont les effets sur les femmes de la pandémie et de sa gestion ? Pendant et après, comment tisser des solidarités ? Quel(s) monde(s) reconstruire ?… Dans le tourbillon d’infos, nous retiendrons les témoignages, enquêtes, tribunes, analyses… qui éclairent cette époque troublée. Cette sélection, non exhaustive, a bien-sûr vocation à être alimentée, complétée, discutée.

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HORS-LES-MURS #3 – Vider les prisons : une urgence internationale

La question du sort des prisonnier.e.s ne se pose pas seulement en France. Elle est d’autant plus urgente que de très nombreux systèmes carcéraux sont surpeuplés et insalubres. Dans certains pays, les détenu.e.s subissent des mauvais traitements allant de la privation de soins jusqu’à la torture.

Appels et campagnes internationales invitent à agir de toute urgence pour empêcher une contamination massive des détenu.e.s et pour que les prisons – tout comme les innombrables camps qui retiennent les exilé.e.s -, ne soient les foyers épidémiques de demain. La solution la plus simple et la plus efficace : des libérations, en masse.

Il en va, partout, de la santé des détenu.e.s comme de celle du reste de la population. Les prisons ne sont pas des systèmes hermétiques : prisonnières et prisonniers y côtoient gardienn.e.s, personnels administratifs, soignant.e.s ou livreurs, autant de personnes en contact avec le monde extérieur. 

Une action urgente s’impose pour éviter que le COVID-19 ne cause « des ravages dans les lieux de détention » (ONU)

Au niveau international, l’ONU s’alarme. Estimant « vital que les gouvernements prennent en compte la situation des personnes détenues », la Haute-commissaire aux droits humains appelle les pays à « réduire le nombre de personnes en détention. » 

Appel à protéger les prisonniers en Afrique du nord et Moyen-Orient (par 40 ONG)

La situation est particulièrement critique au Moyen-Orient, où la reprise en main par certains régimes autoritaires après la vague des soulèvements de 2011 a conduit à un enfermement massif des populations.

Pétition pour demander des mesures préventives pour les prisonniers en Egypte contre le COVID-19 (Collectif)

En Égypte, le tour de vis est brutal depuis le coup d’État de 2013. Plusieurs dizaines de milliers de prisonnier.e.s d’opinion peuplent les prisons du régime du président Abdel Fattah al-Sissi, dont la justice frappe aussi sévèrement les milieux populaires. Un collectif lance une campagne locale et internationale pour la libération des détenu.e.s égyptien.e.s.

Mourir du coronavirus, le terrible sort qui attend les Syriens (Amnesty International)

Dans la région, la Syrie est sans doute le pays où la situation est la plus alarmante. Outre les camps surpeuplés et dépourvus d’infrastructures élémentaires (plus d’un million de déplacé.e.s dans les seuls camps du nord-ouest), l’impitoyable système carcéral du régime de Bachar al-Assad retient toujours des dizaines de milliers de civil.e.s. Pour Amnesty International, la vie d’ « un nombre incalculable de Syriens » est en danger.

Face aux craintes, des usines se lancent dans les masques «made in Gaza» (La Croix)

Au-delà des cas de Covid suspectés dans les prisons israéliennes, les Palestinien.ne.s se retrouvent plus que jamais enfermé.e.s à ciel ouvert. Profitant de la crise, le gouvernement Netanyahu a encore durci leurs conditions de déplacement. À Gaza (2 millions d’habitant.e.s sur 365 km2), le compte à rebours est enclenché : faute de pouvoir importer des masques, on les fabrique.

Indignation suite au refus d’amnistie pour les prisonniers politiques turcs (The Guardian, en anglais)

Ailleurs, la pandémie provoque des décisions jusqu’ici impensables, sans pour autant mettre un terme à l’arbitraire. Après des libérations massives en Iran, c’est le pouvoir turc qui s’apprête à relâcher pas moins de 90 000 prisonnier.e.s. Une mesure dont sont exclu.e.s défenseur.e.s des droits humains, journalistes et opposant.e.s politiques – tels les membres du parti pro-Kurdes HDP.

Hors les murs – Nouvelles d’un monde bouleversé

Comment nous informer sur cette crise inédite ? Par son ampleur, sa rapidité, par les bouleversements qu’elle provoque dans nos vies, celle-ci nous sidère, nous inquiète, nous déstabilise et menace de nous faire perdre prise sur une réalité inconcevable il y a à peine quelques semaines. Continue, anxiogène, l’avalanche d’infos alimente le sentiment d’être submergé.e.s, dépassé.e.s. Il est pourtant plus que jamais nécessaire de comprendre, de donner un sens à ce que nous vivons, et donc de nous réapproprier les enjeux. Nécessaire pour ne pas être tenu.e.s à l’écart de décisions qui nous concernent tou.te.s, nécessaire pour maintenir notre capacité collective à agir et garder prise sur la situation.

C’est pourquoi chaque jour, nous publierons ici mais aussi sur Télégram et Facebook, une sélection d’informations fiables et vérifiées. Chaque jour, nous aborderons une nouvelle thématique pour tenter d’appréhender cette crise complexe et d’en examiner les nombreuses facettes.

Qui travaille encore et dans quelles conditions ? Que signifie « rester chez soi » selon où l’on se trouve ? Quels sont les effets sur les femmes de la pandémie et de sa gestion ? Pendant et après, comment tisser des solidarités ? Quel(s) monde(s) reconstruire ?… Dans le tourbillon d’infos, nous retiendrons les témoignages, enquêtes, tribunes, analyses… qui éclairent cette époque troublée. Cette sélection, non exhaustive, a bien-sûr vocation à être alimentée, complétée, discutée.

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HORS-LES-MURS #2 – Face au Covid, les femmes donnent tout et risquent beaucoup

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question… »  Faut-il ajouter à cette liste, dressée par Simone de Beauvoir, la crise sanitaire ? Les femmes constituent le gros des effectifs des professions très mobilisées pour lutter contre la pandémie ou assurer le maintien des activités essentielles, comme l’accès à l’alimentation.

Peu protégées, moins bien payées, elles sont les plus sollicitées. Dans le même temps, en France et à l’étranger, elles voient reculer certains droits obtenus de haute lutte. S’il est à ce jour compliqué de savoir si la pandémie affecte de la même manière les hommes que les femmes, ses conséquences, elles, sont à l’image de l’organisation de nos sociétés : profondément inégalitaires.

« En Ohio et au Texas, les interventions médicales jugées “pas immédiatement nécessaires sur un plan médical” ont été suspendues, avortements inclus. Les associations de défense des droits des femmes sont atterrées. Elles dénoncent une récupération opportuniste de l’épidémie de covid-19 pour “contrôler le corps des femmes”.  Au Texas, les soignants pratiquant une interruption volontaire de grossesse (IVG) sur une patiente risquent 1000 dollars d’amende et 180 jours de prison. » 

Des États américains suspendent les IVG (Les Inrocks)

 « Les témoignages s’accumulent pour dénoncer le fait que des maternités empêchent les femmes qui accouchent d’être accompagnées par leur conjoint·e », note le media belge RTBF qui pointe aussi le risque accru de violences obstétricales. « Certaines femmes se sont vu subitement proposer une césarienne par leur gynécologue alors que leur grossesse ne présentait aucun risque (….) Dans d’autres maternités, les déclenchements se font sur toute femme qui se présente en fin de grossesse, prétendument pour éviter des allers-retours des femmes entre l’hôpital et leur domicile. Il est très probable que des accouchements soit accélérés (… )pour pallier les difficultés d’un personnel médical mis sous tension supplémentaire à cause du virus.Rien ne peut justifier de maltraiter les femmes quand elles accouchent, pas même le Covid-19. »

Accoucher en période de Covid : isolement et risque de violences obstétricales (RTBF)

Dans la fonction publique hospitalière française : 78 % du personnel est féminin, 90 % des infirmières et aides soignantes sont des femmes. Également très exposées au virus dans leur vie quotidienne, les hôtesses de caisse sont à 90% des femmes, les aides à domiciles à 97 %.

Les métiers les plus exposés : massivement exercés par des femmes (Bastamag)

Or le travail de soins, décuplé par la pandémie et massivement pris en charge par les femmes, est « pour une grande partie non-payé ou sous-payé ». Sans compter que le confinement et la fermeture des écoles alourdit les taches domestiques qui reposent en grande partie sur les femmes. « Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), à l’échelle mondiale, les femmes effectuent 76,2% du nombre total d’heures de travail de soins non rémunérées, soit plus de trois fois plus que les hommes. »

Plus de soins, plus de travail (non rémunéré) pour les femmes (TV5 Monde)

Dans un article publié par le journal britannique The Lancet, trois chercheuses du groupe Genre et Covid demandent « aux gouvernements et institutions internationales de la santé de considérer les effets genrés du Covid-19, directs et indirects, et d’inclure les voix des femmes qui sont en première ligne dans la réponse à l’épidémie. » Elles soulignent qu’à ce jour, les décisions qui toucheront en premier lieu les femmes sont quasi exclusivement prises par des hommes. 

Premières affectées, dernières écoutées (The Lancet)

En France aussi l’accès à l’IVG est menacé. Dans une tribune intitulée « Protéger les droits des femmes et maintenir l’accès à l’avortement en période d’épidémie de covid et de confinement », plusieurs centaines de professionnel.le.s de santé alertent : « des difficultés vont obliger nombre de femmes à conserver leur grossesse contre leur gré, mettant en danger leur autonomie et l’avenir des enfants nés dans ces conditions ». Face au « manque de ressources humaines » qui mettent les équipes médicales « en tension » les signataires réclament que « les avortements puissent être autorisés par voie médicamenteuse au domicile jusqu’à 9 semaines d’aménorrhée, soit 7 semaines de grossesse » (contre 5 actuellement), que les mineures « puissent bénéficier d’une IVG dans la foulée de leur première consultation ». Enfin, pour pouvoir répondre aux retards de diagnostic et demandes hors délais liées à la recrudescence de situations de violences en période de confinement, les signataires souhaient « pouvoir, à titre exceptionnel pendant la durée du confinement, réaliser des aspirations jusqu’à 16 semaines d’aménorrhée soit 14 semaines de grossesse » (contre 12 actuellement). Plus de 200 médecins se disent « prêt.es à se mettre hors-la-loi » pour appliquer ces trois mesures. La pétition a récolté plus de 1200 soutiens.

Des médecins français prêt.e.s à se mettre hors-la-loi pour maintenir le droit à l’avortement

Hors les murs – Nouvelles d’un monde bouleversé

Comment nous informer sur cette crise inédite ? Par son ampleur, sa rapidité, par les bouleversements qu’elle provoque dans nos vies, celle-ci nous sidère, nous inquiète, nous déstabilise et menace de nous faire perdre prise sur une réalité inconcevable il y a à peine quelques semaines. Continue, anxiogène, l’avalanche d’infos alimente le sentiment d’être submergé.e.s, dépassé.e.s. Il est pourtant plus que jamais nécessaire de comprendre, de donner un sens à ce que nous vivons, et donc de nous réapproprier les enjeux. Nécessaire pour ne pas être tenu.e.s à l’écart de décisions qui nous concernent tou.te.s, nécessaire pour maintenir notre capacité collective à agir et garder prise sur la situation.

C’est pourquoi chaque jour, nous publierons ici mais aussi sur Télégram et Facebook, une sélection d’informations fiables et vérifiées. Chaque jour, nous aborderons une nouvelle thématique pour tenter d’appréhender cette crise complexe et d’en examiner les nombreuses facettes.

Qui travaille encore et dans quelles conditions ? Que signifie « rester chez soi » selon où l’on se trouve ? Quels sont les effets sur les femmes de la pandémie et de sa gestion ? Pendant et après, comment tisser des solidarités ? Quel(s) monde(s) reconstruire ?… Dans le tourbillon d’infos, nous retiendrons les témoignages, enquêtes, tribunes, analyses… qui éclairent cette époque troublée. Cette sélection, non exhaustive, a bien-sûr vocation à être alimentée, complétée, discutée.

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HORS LES MURS #1 – Reprise du travail pour des milliers de salariés : « Quel qu’en soit le coût » ?

Après deux semaines de confinement, et tandis que la situation sanitaire est de plus en plus tendue, de nombreux.ses salarié.e.s ont repris ou s’apprêtent à reprendre le travail.

Contrairement aux gouvernements italien et espagnol qui ont mis une grande part de leur économie à l’arrêt, l’exécutif français reste fidèle à sa ligne initiale : la « sécurité sanitaire », et en même temps la « sécurité économique ». C’est à dire le maintien coûte-que-coûte de l’activité assorti d’un maximum d’aides financières pour les entreprises.

« Covid-19: les efforts de «guerre» ne sont pas centrés sur le sanitaire » (Mediapart)

Les grandes entreprises sont sur la même longueur d’onde : Arcelor-Mittal, Airbus, Renault ou PSA,tentent de se mettre en ordre de bataille pour redémarrer la production. C’est déjà le cas dans certains secteurs, comme l’aérospatial et la défense avec une reprise progressive des activités d’ArianeGroup depuis le 23 mars. 


Conduit à marche forcée, le processus ne va pas sans résistances. Chez PSA par exemple, « tous les syndicats à l’unanimité ont refusé ce projet de réouverture. (…) On ne peut pas organiser ainsi le déconfinement de centaines de salariés alors que le corps médical nous supplie de rester chez nous. Ce serait criminel ! »

« PSA envisage de redémarrer ses usines en France, les syndicats inquiets » (Le Parisien)

Le jeu est dangereux : l’incohérence de ce « deux poids deux mesures », entre d’un côté un confinement répressif, de l’autre la poursuite du « laisser-faire » dans la production, risque  de laisser flamber l’épidémie et de faire céder le système de santé.
La logistique, des grosses plateformes aux travailleurs ubérisés de la livraison, concentre les inquiétudes. En réponse aux critiques et inquiétudes, les entreprises tentent de rassurer en s’en remettant aux « gestes barrière » et autres « guides de bonne conduite ».

« Nicolas, préparateur de commandes : « On est pris d’assaut, c’est la folie » » (Bastamag)

Chez le géant de la livraison FedEx à Roissy, la situation est préoccupante. Après le décès d’un intérimaire, les 2500 salariés du site, qui travaillent dans la promiscuité, vivent dans l’angoisse, comme le raconte cet article édifiant :

« Coronavirus : le décès d’un intérimaire de FedEx angoisse les salariés de Roissy » (Le Parisien)

Mais en venant bousculer l’ordre habituel des choses, la crise actuelle ouvre aussi la possibilité de réflexions, de débats, peut-être de changements plus profonds sur des questions jusqu’ici inaccessibles.
Au travail, la pandémie et les choix opérés interrogent : quelles activités sont « essentielles » ? Desquelles, plus accessoires voire parfois nuisibles, pourrions-nous nous passer ? Surtout, à qui reviennent de telles décisions qui touchent à l’organisation même de la société ? Des tensions émergent dans certaines entreprises ou certains secteurs.

« Le travail ou la vie. Contester la subordination pour stopper l’épidémie »
(Revue Frustration)

Dans les services publics, le dépôt d’un préavis de grève pour le mois d’avril, destiné à protester contre certaines mesures de l' »état d’urgence sanitaire » et à permettre aux salarié.e.s de se protéger, a déclenché l’ire du gouvernement

« «Nos collègues tombent les uns après les autres» : la CGT services publics dépose un préavis de grève pour tout le mois d’avril » (LCI)

Un « collectif de fonctionnaires et de hauts fonctionnaires », issus de plusieurs secteurs, réclame de son côté des réquisitions pour produire masques, gels hydroalcooliques ou respirateurs mais également la définition et l’arrêt des activités « non-essentielles », et la stricte « protection des salariés dans les entreprises et les services essentiels ».

« La limitation de la casse économique ne doit pas prévaloir sur la limitation de la casse sanitaire » (Le Monde)

Depuis ce lundi, un appel circule pour « refuser que des vies soient sacrifiées au nom de l’économie ». Ce texte rappelle que  » Nous avons tous et toutes autour de nous, quelqu’un qui aujourd’hui, demain, sera forcé de retourner exécuter une activité qui n’est pas vitale. Nous avons tous autour de nous quelqu’un que nous aimerions protéger, retenir par la main pour lui dire « N’y va pas »… « 

« N’y va pas ! » (blog mediapart)

Hors les murs – Nouvelles d’un monde bouleversé

Comment nous informer sur cette crise inédite ? Par son ampleur, sa rapidité, par les bouleversements qu’elle provoque dans nos vies, celle-ci nous sidère, nous inquiète, nous déstabilise et menace de nous faire perdre prise sur une réalité inconcevable il y a à peine quelques semaines. Continue, anxiogène, l’avalanche d’infos alimente le sentiment d’être submergé.e.s, dépassé.e.s. Il est pourtant plus que jamais nécessaire de comprendre, de donner un sens à ce que nous vivons, et donc de nous réapproprier les enjeux. Nécessaire pour ne pas être tenu.e.s à l’écart de décisions qui nous concernent tou.te.s, nécessaire pour maintenir notre capacité collective à agir et garder prise sur la situation.

C’est pourquoi chaque jour, nous publierons ici mais aussi sur Télégram et Facebook, une sélection d’informations fiables et vérifiées. Chaque jour, nous aborderons une nouvelle thématique pour tenter d’appréhender cette crise complexe et d’en examiner les nombreuses facettes.

Qui travaille encore et dans quelles conditions ? Que signifie « rester chez soi » selon où l’on se trouve ? Quels sont les effets sur les femmes de la pandémie et de sa gestion ? Pendant et après, comment tisser des solidarités ? Quel(s) monde(s) reconstruire ?… Dans le tourbillon d’infos, nous retiendrons les témoignages, enquêtes, tribunes, analyses… qui éclairent cette époque troublée. Cette sélection, non exhaustive, a bien-sûr vocation à être alimentée, complétée, discutée.

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Hors-les-murs : nouvelles quotidiennes d’un monde bouleversé

Comprendre, maintenir notre capacité à agir

Comment nous informer sur cette crise inédite ? Par son ampleur, sa rapidité, par les bouleversements qu’elle provoque dans nos vies, celle-ci nous sidère, nous inquiète, nous déstabilise et menace de nous faire perdre prise sur une réalité inconcevable il y a à peine quelques semaines. Continue, anxiogène, l’avalanche d’infos alimente le sentiment d’être submergé.e.s, dépassé.e.s. Il est pourtant plus que jamais nécessaire de comprendre, de donner un sens à ce que nous vivons, et donc de nous réapproprier les enjeux. Nécessaire pour ne pas être tenu.e.s à l’écart de décisions qui nous concernent tou.te.s, nécessaire pour maintenir notre capacité collective à agir et garder prise sur la situation.

C’est pourquoi chaque jour, nous publierons ici mais aussi sur Télégram et Facebook, une sélection d’informations fiables et vérifiées. Chaque jour, nous aborderons une nouvelle thématique pour tenter d’appréhender cette crise complexe et d’en examiner les nombreuses facettes.

Qui travaille encore et dans quelles conditions ? Que signifie « rester chez soi » selon où l’on se trouve ? Quels sont les effets sur les femmes de la pandémie et de sa gestion ? Pendant et après, comment tisser des solidarités ? Quel(s) monde(s) reconstruire ?… Dans le tourbillon d’infos, nous retiendrons les témoignages, enquêtes, tribunes, analyses… qui éclairent cette époque troublée. Cette sélection, non exhaustive, a bien-sûr vocation à être alimentée, complétée, discutée.

Pour retrouver tous nos articles, c’est par ici >>> https://covid-entraide.fr/category/hors-les-murs/

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