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Hors-les-murs #11 – Pour l’hôpital public, l’austérité à perpétuité ?

« L’État compte les sous, on va compter les morts ». Ce slogan que l’on pouvait lire sur une banderole d’hospitalier.e.s en décembre 2019, résonne terriblement à la lumière de la crise actuelle. L’austérité budgétaire et le management brutal ont contribué à l’épuisement des personnels soignants, à la dégradation de la qualité de soins et à la marchandisation du secteur de la santé. L’épidémie de coronavirus en révèle brutalement les limites.

Le 12 mars dernier, Emmanuel Macron, semble en tirer les premières leçons : « Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre État-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. »  Derrière ce discours et les promesses de moyens qui l’accompagnent, la logique comptable reste pourtant inchangée : les fermetures de lits à l’hôpital de Nancy ont été simplement suspendues, le projet de fusion des hôpitaux de Saint Brieuc et de Paimpol maintenu tandis que le montant des primes accordées aux soignant.e.s n’est pas encore déterminé. Le service public hospitalier pourra-t-il échapper aux politiques d’austérité qui risquent de s’aggraver en réponse à la crise qui s’annonce ?

Retraites, hôpital : la troublante conversion d’Emmanuel Macron (Médiapart)

Macron prétend qu’il change de cap. Mais peut-on croire qu’il va sauver l’hôpital public, lui qui n’a eu de cesse que de l’étrangler ; ou qu’il va défendre le système des retraites, lui qui a voulu le dynamiter ? Pour Laurent Mauduit, c’est d’une révolution démocratique dont le pays aura besoin.

Le plan pour l’hôpital public tourne le dos aux valeurs l’État-providence (Médiapart)

À la demande d’Emmanuel Macron, la Caisse des dépôts travaille à un plan pour l’hôpital public. Au lieu de défendre l’intérêt général, il vise à accélérer la marchandisation de la santé et sa privatisation rampante.

Un directeur d’ARS limogé : l’hypocrisie du gouvernement (Médiapart)

Le directeur général de l’Agence régionale de la santé Grand Est a été limogé. Sa faute : avoir confirmé de lourdes économies pour l’hôpital de Nancy. Les anciennes pratiques perdurent pourtant et les hôpitaux n’ont toujours pas reçu de soutien financier pour faire face au Covid-19.

Retour sur la casse de l’hôpital public (Le Monde diplomatique) 

« Du vent ». C’est ainsi que les urgentistes en grève ont qualifié le plan présenté par la ministre de la santé Agnès Buzynen septembre dernier. À des services au bord de l’implosion elle proposait alors une enveloppe rachitique, ponctionnée sur d’autres secteurs, eux-mêmes en difficulté. Faut-il dès lors parler de « crise » de l’hôpital ou de « casse » — un projet de longue haleine visant à livrer une institution emblématique au privé ?

Santé : l’austérité en héritage (Médiapart)

Il y a tout juste quelques mois, à l’automne 2019, le gouvernement exigeait encore 4,2 milliards d’euros d’économies dans le secteur de la santé pour l’année 2020.

L’austérité au quotidien avant l’épidémie : témoignages de médecins (Médiapart)

En octobre dernier, trois médecins reconnus d’Île-de-France racontaient déjà une décennie d’austérité budgétaire, ses effets sur les conditions de travail et sur la qualité des soins.

L’hôpital, le jour d’après (Le Monde diplomatique)

Tous les spécialistes en conviennent : le confinement total est le prix du manque de moyens, notamment à l’hôpital, dû à l’incurie des gouvernements qui se sont succédé depuis trente ans. C’est maintenant qu’il faut en tirer les leçons et revoir de fond en comble la politique de santé.

« L’hôpital ne peut pas fonctionner comme une clinique privée qui choisit ses patients »  (Le Monde – tribune)

À l’ère de la tarification à l’acte, l’épidémie de Covid-19 montre que l’« hôpital de flux », où aucun lit ne doit être libre, est une aberration, estiment les médecins André Grimaldi, Anne Gervais Hasenknopf et Olivier Milleron. « Il faut au contraire financer les hôpitaux indépendamment des séjours des patients, notamment en médecine générale », écrivent-ils ainsi.

Hors les murs – Nouvelles d’un monde bouleversé

Comment nous informer sur cette crise inédite ? Par son ampleur, sa rapidité, par les bouleversements qu’elle provoque dans nos vies, celle-ci nous sidère, nous inquiète, nous déstabilise et menace de nous faire perdre prise sur une réalité inconcevable il y a à peine quelques semaines. Continue, anxiogène, l’avalanche d’infos alimente le sentiment d’être submergé.e.s, dépassé.e.s. Il est pourtant plus que jamais nécessaire de comprendre, de donner un sens à ce que nous vivons, et donc de nous réapproprier les enjeux. Nécessaire pour ne pas être tenu.e.s à l’écart de décisions qui nous concernent tou.te.s, nécessaire pour maintenir notre capacité collective à agir et garder prise sur la situation.

C’est pourquoi chaque jour, nous publierons ici mais aussi sur Télégram et Facebook, une sélection d’informations fiables et vérifiées. Chaque jour, nous aborderons une nouvelle thématique pour tenter d’appréhender cette crise complexe et d’en examiner les nombreuses facettes.

Qui travaille encore et dans quelles conditions ? Que signifie « rester chez soi » selon où l’on se trouve ? Quels sont les effets sur les femmes de la pandémie et de sa gestion ? Pendant et après, comment tisser des solidarités ? Quel(s) monde(s) reconstruire ?… Dans le tourbillon d’infos, nous retiendrons les témoignages, enquêtes, tribunes, analyses… qui éclairent cette époque troublée. Cette sélection, non exhaustive, a bien-sûr vocation à être alimentée, complétée, discutée.

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