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Hors-les-Murs #21 – Chez McDonald’s, frites et profits quoi qu’il en coûte

La crise sanitaire n’arrête pas la multinationale au “M” jaune, symbole de la malbouffe et quatrième employeur au monde. Quitte à mettre en danger employés et clients. En toute discrétion, douze restaurants de la marque ont continué à livrer tout au long du confinement, sans respecter les mesures sanitaires de rigueur.

Et le 21 avril, McDonald’s France a annoncé la réouverture partielle et progressive de ses autres points de vente. Le plus triste dans tout ça ? Les longues files de voitures créant des embouteillages à l’entrée des drive-in  réouverts. Pour nous autres confinés déprimés, dur de résister au sucre ajouté et aux arômes artificiels. Heureusement, un bastion de révoltés dans un McDo marseillais offre une lueur d’espoir et transforme le fast-food en distributeurs de denrées gratuites. 

McDonald’s commence se déconfine avant l’heure (Le Monde)

Contrairement à la plupart des restaurants, bars et cafés, le numéro un mondial de la restauration rapide n’attend pas le 11 mai pour relancer son activité. Les ventes à emporter et livraisons étant autorisées, l’entreprise a annoncé l’ouverture partielle de ses établissements. Sans oublier les 850 points de vente qui proposent des drive-in. Des ré-ouvertures qui se feront au compte-goutte, malgré les réticences des salariés. 

Un franchisé exemplaire pour la maison-mère  (StreetPress)

Depuis que le confinement a commencé le 15 mars dernier, douze McDonald’s n’ont en fait jamais fermé. Ils appartiennent au même franchisé, un certain Bernard Simmenauer qui opère dans la région de Tours et a fait prendre de vrais risques aux employés et aux clients. Un escroc rattrapé par l’Etat ? Loin s’en faut. Le directeur est resté ouvert en toute légalité, profitant d’une autorisation nationale, délivrée par le gouvernement au Snarr (Syndicat National de l’Alimentation et de la Restauration Rapide) pour maintenir ses ventes à emporter. Pour rattraper ce raté de communication, la multinationale a fait passer cette décision pour un “test”. 

Risquer la contamination pour des burgers  (Mediapart)

Mediapart a également enquêté sur les conditions de travail au sein des douze McDonald’s du franchisé de Tours. Au programme : annulation du droit de retrait pour les salariés, absence de masques, de gants et de gel, non-application des distances de sécurité… « Aujourd’hui, ma compagne part sauver des vies et moi servir des burgers ! Je ne travaille pourtant pas dans un supermarché, je ne fais pas partie du personnel soignant, je ne suis pas un agent d’entretien, je ne suis pas un routier et je ne suis pas toutes les autres personnes indispensables pendant cette crise sanitaire. Je suis employé d’une grande chaîne de fast-food américaine à Tours, je prends donc le risque de vous contaminer et de contaminer mes collègues ou de l’être pour que des citoyens puissent manger des burgers ! » s’est insurgé un employé sur sa page Facebook. 

Des embouteillages pour une boîte de nuggets  (Le Parisien)

La réouverture partielle d’une poignée d’établissements McDonald’s a provoqué des bouchons dans plusieurs villes d’Ile-de-France. L’appel de la frite ! À Saint-Gratien, commune du Val d’Oise (95), la file de voitures pour commander un Big Mac ou une boîte de nuggets était telle que les bouchons se sont multipliés. Notre chère police a même dû intervenir et le drive a temporairement fermé. 

Comment McDo a remplacé nos bistrots (Le Monde)

McDonald, si important dans le coeur des français ? Dans cet article daté de 2018, Le Monde explique comment McDo a réussi le tour de force de détrôner pour de nombreux Français le café du village en tant que lieu de vie sociale. Les causes ? Déjà la désertification des places de villages, où les cafés et bistrots ferment les uns après les autres. Mais aussi des stratégies commerciales contestables, comme l’implantation d’un établissement en face d’un lycée. Tout pour les profits, on vous dit.

Et sous les plaques de cuisson, la solidarité… 

Un McDo en lutte pour aider ceux qui ont faim (Là-bas si j’y suis) 

Le McDonald’s de Saint Barthélemy, un quartier populaire de Marseille, a été réquisitionné par les habitants et les militants pour être transformé en plateforme de distribution de nourriture pour les plus démunis. Grâce aux dons d’associations, de grossistes, de petits commerçants et des paysans locaux, ils ont pu distribuer des denrées de première nécessité mais aussi des fruits et légumes bio aux personnes impactées le plus durement par le confinement. Il faut dire que ce McDo n’est pas n’importe quel McDo. Les syndicalistes de l’antenne phocéenne se battent depuis des années contre la maison-mère et mettent en place un modèle social allant à l’encontre de l’idéologie de l’entreprise. L’histoire de leur lutte est à retrouver dans le documentaire Happy Meal & lutte des classes de Julien Brygo (Le Média, 2018). 

Hors les murs – Nouvelles d’un monde bouleversé

Comment nous informer sur cette crise inédite ? Par son ampleur, sa rapidité, par les bouleversements qu’elle provoque dans nos vies, celle-ci nous sidère, nous inquiète, nous déstabilise et menace de nous faire perdre prise sur une réalité inconcevable il y a à peine quelques semaines. Continue, anxiogène, l’avalanche d’infos alimente le sentiment d’être submergé.e.s, dépassé.e.s. Il est pourtant plus que jamais nécessaire de comprendre, de donner un sens à ce que nous vivons, et donc de nous réapproprier les enjeux. Nécessaire pour ne pas être tenu.e.s à l’écart de décisions qui nous concernent tou.te.s, nécessaire pour maintenir notre capacité collective à agir et garder prise sur la situation.

C’est pourquoi chaque jour, nous publierons ici mais aussi sur Télégram et Facebook, une sélection d’informations fiables et vérifiées. Chaque jour, nous aborderons une nouvelle thématique pour tenter d’appréhender cette crise complexe et d’en examiner les nombreuses facettes.

Qui travaille encore et dans quelles conditions ? Que signifie « rester chez soi » selon où l’on se trouve ? Quels sont les effets sur les femmes de la pandémie et de sa gestion ? Pendant et après, comment tisser des solidarités ? Quel(s) monde(s) reconstruire ?… Dans le tourbillon d’infos, nous retiendrons les témoignages, enquêtes, tribunes, analyses… qui éclairent cette époque troublée. Cette sélection, non exhaustive, a bien-sûr vocation à être alimentée, complétée, discutée.

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