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HORS-LES-MURS #3 – Vider les prisons : une urgence internationale

La question du sort des prisonnier.e.s ne se pose pas seulement en France. Elle est d’autant plus urgente que de très nombreux systèmes carcéraux sont surpeuplés et insalubres. Dans certains pays, les détenu.e.s subissent des mauvais traitements allant de la privation de soins jusqu’à la torture.

Appels et campagnes internationales invitent à agir de toute urgence pour empêcher une contamination massive des détenu.e.s et pour que les prisons – tout comme les innombrables camps qui retiennent les exilé.e.s -, ne soient les foyers épidémiques de demain. La solution la plus simple et la plus efficace : des libérations, en masse.

Il en va, partout, de la santé des détenu.e.s comme de celle du reste de la population. Les prisons ne sont pas des systèmes hermétiques : prisonnières et prisonniers y côtoient gardienn.e.s, personnels administratifs, soignant.e.s ou livreurs, autant de personnes en contact avec le monde extérieur. 

Une action urgente s’impose pour éviter que le COVID-19 ne cause « des ravages dans les lieux de détention » (ONU)

Au niveau international, l’ONU s’alarme. Estimant « vital que les gouvernements prennent en compte la situation des personnes détenues », la Haute-commissaire aux droits humains appelle les pays à « réduire le nombre de personnes en détention. » 

Appel à protéger les prisonniers en Afrique du nord et Moyen-Orient (par 40 ONG)

La situation est particulièrement critique au Moyen-Orient, où la reprise en main par certains régimes autoritaires après la vague des soulèvements de 2011 a conduit à un enfermement massif des populations.

Pétition pour demander des mesures préventives pour les prisonniers en Egypte contre le COVID-19 (Collectif)

En Égypte, le tour de vis est brutal depuis le coup d’État de 2013. Plusieurs dizaines de milliers de prisonnier.e.s d’opinion peuplent les prisons du régime du président Abdel Fattah al-Sissi, dont la justice frappe aussi sévèrement les milieux populaires. Un collectif lance une campagne locale et internationale pour la libération des détenu.e.s égyptien.e.s.

Mourir du coronavirus, le terrible sort qui attend les Syriens (Amnesty International)

Dans la région, la Syrie est sans doute le pays où la situation est la plus alarmante. Outre les camps surpeuplés et dépourvus d’infrastructures élémentaires (plus d’un million de déplacé.e.s dans les seuls camps du nord-ouest), l’impitoyable système carcéral du régime de Bachar al-Assad retient toujours des dizaines de milliers de civil.e.s. Pour Amnesty International, la vie d’ « un nombre incalculable de Syriens » est en danger.

Face aux craintes, des usines se lancent dans les masques «made in Gaza» (La Croix)

Au-delà des cas de Covid suspectés dans les prisons israéliennes, les Palestinien.ne.s se retrouvent plus que jamais enfermé.e.s à ciel ouvert. Profitant de la crise, le gouvernement Netanyahu a encore durci leurs conditions de déplacement. À Gaza (2 millions d’habitant.e.s sur 365 km2), le compte à rebours est enclenché : faute de pouvoir importer des masques, on les fabrique.

Indignation suite au refus d’amnistie pour les prisonniers politiques turcs (The Guardian, en anglais)

Ailleurs, la pandémie provoque des décisions jusqu’ici impensables, sans pour autant mettre un terme à l’arbitraire. Après des libérations massives en Iran, c’est le pouvoir turc qui s’apprête à relâcher pas moins de 90 000 prisonnier.e.s. Une mesure dont sont exclu.e.s défenseur.e.s des droits humains, journalistes et opposant.e.s politiques – tels les membres du parti pro-Kurdes HDP.

Hors les murs – Nouvelles d’un monde bouleversé

Comment nous informer sur cette crise inédite ? Par son ampleur, sa rapidité, par les bouleversements qu’elle provoque dans nos vies, celle-ci nous sidère, nous inquiète, nous déstabilise et menace de nous faire perdre prise sur une réalité inconcevable il y a à peine quelques semaines. Continue, anxiogène, l’avalanche d’infos alimente le sentiment d’être submergé.e.s, dépassé.e.s. Il est pourtant plus que jamais nécessaire de comprendre, de donner un sens à ce que nous vivons, et donc de nous réapproprier les enjeux. Nécessaire pour ne pas être tenu.e.s à l’écart de décisions qui nous concernent tou.te.s, nécessaire pour maintenir notre capacité collective à agir et garder prise sur la situation.

C’est pourquoi chaque jour, nous publierons ici mais aussi sur Télégram et Facebook, une sélection d’informations fiables et vérifiées. Chaque jour, nous aborderons une nouvelle thématique pour tenter d’appréhender cette crise complexe et d’en examiner les nombreuses facettes.

Qui travaille encore et dans quelles conditions ? Que signifie « rester chez soi » selon où l’on se trouve ? Quels sont les effets sur les femmes de la pandémie et de sa gestion ? Pendant et après, comment tisser des solidarités ? Quel(s) monde(s) reconstruire ?… Dans le tourbillon d’infos, nous retiendrons les témoignages, enquêtes, tribunes, analyses… qui éclairent cette époque troublée. Cette sélection, non exhaustive, a bien-sûr vocation à être alimentée, complétée, discutée.

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