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[ÎLE-DE-FRANCE] LES BRIGADES DE SOLIDARITÉ POPULAIRE !

Entretien avec l’un.e des membres des Brigades de Solidarité Populaire d’Île-de-France.

     Quelle est l’idée de départ de cette initiative ?
Comment cette idée vous est-elle venue ?

 L’idée a pris forme à la suite de discussions et débats entre différentes personnes – militantes ou non – à l’échelle locale et nationale, autour de la nécessité d’intervenir dans la séquence du confinement. Il nous semblait évident que nous n’allions pas attendre « le jour d’après » et qu’il fallait agir dès à présent. D’une part, nous avons remarqué que le confinement serait une mesure à géométrie sociale variable. Nous l’avons tous vu rapidement, notamment avec la différenciation appliquée aux parisiens qui flânaient tranquillement dans les rues de Paris, alors que les violences policières s’intensifiaient dans les quartiers populaires. D’autre part, il était à craindre que pour les personnes en situation de grande précarité, les mesures de confinement ne pourraient qu’entraîner une aggravation de leurs conditions matérielles d’existence. En bref, ce confinement ne pouvait qu’accentuer les inégalités sociales, tant dans sa forme que dans ses conséquences. 
 
A cela s’ajoutait un constat commun, celui que le système actuel était le premier responsable de la crise. Il nous fallait dénoncer la responsabilité d’un système économique mondial, qui – du fait des conditions de production agro-alimentaire – a lui-même engendré le monstre qui ravage aujourd’hui son monde,  auquel s’ajoutait l’ingérence quasi-systématique des États entre eux, essayant de s’octroyer la primauté sur tel ou tel stock de masques issus de Chine, ou sur tel et tel traitement issu d’un laboratoire allemand… Ensuite, il y-a le discours d’Emmanuel Macron qui nous a tous frappé. Il tentait d’effectuer un virage à gauche, allant même jusqu’à évoquer la nécessité de nationalisation de certains secteurs, en affirmant qu’il y avait « des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché ». Ce même président – comme ses prédécesseurs – s’est attaché à détruire les services publics, les hôpitaux, le code du travail, le système de retraites et l’assurance chômage… Et c’est ce personnage qui tentait de nous faire le coup de la « solidarité », mot que lui et ses ministres nous rabâchent à longueur de journée depuis plus de 20 jours maintenant.

Il nous fallait donc tenter d’affirmer que si la solidarité était nécessaire, celle que nous devions porter était une « solidarité populaire », à l’encontre de celle promue par les libéraux et les républicains. C’est à dire une solidarité qui implique une opposition directe face au système capitaliste et au gouvernement actuel. Il nous fallait trouver un moyen de nous organiser, pour une solidarité concrète envers notre classe, celle qui subira de plein fouet les conséquences sanitaires de la gestion catastrophique des responsables politiques, et contre les tentatives de récupération par ces mêmes responsables. C’est en se tournant vers l’Italie qu’on a vu éclore les premières « brigades » de solidarité populaire, d’abord à Milan, puis dans d’autres villes italiennes, et enfin dans d’autres pays comme l’Espagne, les Etats-Unis, l’Allemagne, etc … Ce projet nous a tout de suite paru cohérent, tant dans sa forme antagonique que dans sa capacité à produire une auto-organisation et des réseaux de solidarité. Il nous a semblé être le meilleur outil pour construire un mouvement à la fois défensif et offensif, irrécupérable et agissant, pour une « auto défense sanitaire ».  

         

Comment l’avez-vous mis en œuvre ?
Avec quels moyens et dans quelle temporalité ?

Les choses sont allées relativement vite. Un réseau a commencé à se constituer à partir des échanges que nous entretenions tous individuellement et collectivement. Cette initiative puise sa force à l’échelle nationale, tout en s’inscrivant dans une dynamique internationale. Des brigades se sont formées à Paris, Lyon, Nantes, Marseille ou encore à Genève, et ailleurs, c’est donc un réseau plus « francophone » que « français ». A Paris, nous avons commencé par cibler les différents secteurs d’interventions et les différentes pratiques que nous pouvions adopter. Nous souhaitions un cadre participatif et ouvert, auto-organisé politiquement et sanitairement. Politiquement car il s’agissait pour nous d’affirmer la nécessité de s’organiser par le bas et en-dehors des structures associatives qui, malgré le travail important qu’elles réalisent, permettent aussi à l’État de maintenir la tête haute. Sanitairement, parce qu’il était essentiel que nous soyons à même de nous former les uns les autres, pour être absolument certains que nos actions seraient sécurisées et que nous ne serions pas vecteurs de transmission du virus.

Par la suite, nous avons récupéré du matériel, créé un protocole sanitaire avec l’aide de soignants, puis lancé un appel à rejoindre les brigades parisiennes sur les réseaux sociaux. Finalement, il s’agissait de coordonner des pratiques de solidarité qui existaient déjà de manière interpersonnelle, dans la perspective d’arriver collectivement (et politiquement) à les orienter dans une direction commune. Très vite, nous avons reçu un nombre de demandes de participation très important, ce qui était assez inattendu. Au vu des retours que nous avions, à la fois au niveau des besoins exprimés et des pratiques possibles, nous avons choisi de nous concentrer dans un premier temps sur trois types d’actions.

 (1) La mise en place de permanences solidaires à destination de travailleurs réquisitionnés et des foyers en lutte des Gilets Noirs, afin de récupérer des denrées alimentaires, des produits de première nécessité et du matériel de protection. Pour cela, il nous a fallu trouver des locaux adaptés à notre protocole sanitaire, du matériel spécifique et une logistique de redistribution.

(2) Une grosse part de l’activité des brigades parisiennes consistent également à récupérer de la nourriture et à préparer des repas à destination des personnes vivant à la rue ou de foyers d’accueil en précarité alimentaire. C’est un travail compliqué, encore une fois tant par la nécessité de s’assurer de l’application collective des règles sanitaire de préparation et de redistribution des plats, que par la logistique qu’implique la nécessité de répondre à tous les besoins qui nous sont exprimés, ainsi que, bien sûr, l’autofinancement et la récupération de la nourriture, car nous ne sommes pas une structure officielle et que nous ne bénéficions d’aucune aide de l’État pour mener à bien notre action.

(3) Enfin, nous avons une équipe de volontaires qui coordonne un projet d’éducation populaire, à travers du soutien scolaire, des cours, des activités, à destination de jeunes isolés et précarisés.

Matériellement, nous sommes auto-organisés sur différents réseaux, qui nous mettent en contact les uns avec les autres, par secteurs d’activités et par secteurs territoriaux, avec des référents qui s’attachent à faire remonter les infos et les besoins. Cela nous permet d’assurer une coordination efficace entre les différentes brigades. Nous tentons aussi d’exprimer un message politique et différents mots d’ordres collectifs comme la grève des loyers, la réquisition des logements vides ou encore la régularisation des sans-papiers, à travers des discussions, la production de textes ou la réalisation de banderoles que nous accrochons dans les villes et à nos fenêtres. Le projet est assez récent, car il a pris forme lors de la deuxième semaine de confinement, mais nous sommes déjà près de 300 brigadistes répartis sur les différents secteurs. Nos pratiques commencent également à évoluer. Nous avons des volontaires qui fabriquent des masques et du matériel de protections à redistribuer, d’autres qui commencent à lancer un projet de livraison de courses pour les personnes isolées et dans l’impossibilité de se déplacer ou bien malades, et encore beaucoup d’autres projets d’actions et d’intervention qui sont en cours de réflexion et de préparation.

         Vous agissez dans quel secteur ?

Pour le moment, concernant les pratiques de redistribution, nous avons quatre grandes brigades, subdivisées en sous-brigades de quartier. Concernant la banlieue, il existe une brigade Banlieue Nord, dans laquelle on retrouve une section Saint Denis, une section Aubervilliers et une section Pantin. Pour la banlieue Est, une brigade Montreuil rattache aussi les villes de Bagnolet et de Fontenay. Il y-a aussi une brigade banlieue Sud, qui s’étend sur plusieurs villes du 94 et qui comporte, comme dans le cas du 93, des sous-groupes par ville.
 
Pour Paris intra-muros, il y avait initialement une brigade Paris Nord-Est et une brigade Paris Sud. Aujourd’hui, la brigade Paris Nord-Est se divise en plusieurs brigades d’arrondissement, le 10eme, le 18eme, le 19eme et le 20eme. La brigade Paris Sud, qui regroupe des brigadistes des 6eme, 13eme, 14eme et 15eme arrondissement, a elle aussi créé des sections par arrondissement afin de faciliter l’organisation pratique. Récemment, une brigade rassemblant le 11ème et le 12ème arrondissement s’est également mise en place. A cela s’ajoute la brigade d’éducation populaire et les différents projets comme la fabrication de masques et de matériel de protection sanitaire. 

        Comment ça se passe pour récolter les produits ?
Est-ce que c’est facile à faire ?

C’est un des points les plus compliqués, dû notamment à notre autonomie et notre auto-financement. Il arrive que des brigadistes investissent de leur propre argent pour assurer la réponse aux besoins que nous rencontrons. Mais dans l’ensemble, nous tachons surtout d’assurer différentes formes de récupération. Il y a tout d’abord les permanences, qui tournent de plus en plus et qui nous permettent, parmi d’autre choses, de récupérer de la nourriture. Certaines brigades organisent aussi des récup dans des marchés, auprès de commerces alimentaires, ou commencent à mettre en place un projet de « panier suspendu » avec certains magasins, en laissant un panier où les gens qui viennent faire leur courses peuvent laisser une partie des produits achetés que nous venons ensuite récupérer. D’autres encore font le tour de leurs voisins, laissent des tracts dans leur hall d’immeuble, pour créer de la solidarité à l’échelle des bâtiments et récupérer des denrées alimentaires et sanitaires. Nous venons de lancer une cagnotte en ligne, car si nous parvenons tant bien que mal à assurer la récupération et la redistribution de nourriture et de produits d’hygiène, il y a des dépenses obligatoires, comme l’essence lors des livraisons, les produits sanitaires assez chers, ou encore le matériel nécessaire à la confection de masques. 


          Comment ça se passe avec les gens ?
Quels rapports vous arrivez à tisser avec elles-eux ?

Ça se fait à plusieurs niveaux, qui sont tous très intéressants. Concernant les « bénéficiaires » de nos actions, il est parfois compliqué d’arriver à tisser des liens, notamment dans une perspective politique, car nous sommes souvent face à des personnes en situation de précarité absolue. Mais il y a des gens avec qui des liens forts se construisent, comme les Gilets Noirs en lutte, qui sont déjà organisés collectivement et politiquement, et qui nous apportent beaucoup, en termes de perspective politique et organisationnelle, que nous ne leur apportons avec nos récup. Il y a des échanges qui se font, des liens qui se tissent aussi avec des personnes dans le besoin qui voient qu’on est avec eux, sur le terrain, et qu’on fait vivre une solidarité différente, là où l’État est absent, là où certaines associations et ONG viennent juste colmater les brèches générées par la gestion étatique, sans considérer ceux et celles à qui elles viennent en aide, qui sont pourtant des sujets politiques, dotés de réflexion et acteurs de résistances. Nous essayons autant que possible de ne pas « aider pour » mais « d’aider avec », ce qui implique de dépasser les notions de « dons » ou de « charité ». Pour cela nous tâchons de nous inspirer du travail mis en place depuis des années par des acteurs politique de la solidarité, comme la « Cantine des Pyrénées », ou comme nous le disions précédemment, de l’expérience de lutte des Gilets Noirs, entre autres.
 
Il y a également le rapport et les liens qui se construisent entre brigadistes. Certains d’entre nous viennent du militantisme, des mouvements sociaux et de différentes luttes, et d’autres viennent d’horizons totalement différents. La ligne et l’approche collective des brigades est pour certains une première expérience de politisation forte, de prise de conscience à laquelle se couple une action pratique et quotidienne. C’est quelque chose d’essentiel pour nous, et de très important. Nous sommes tous fiers de participer à cette expérience et de la construire ensemble, de pouvoir débattre, échanger nos idées, nos critiques, et commencer dès à présent à penser à la suite, à l’après confinement et à la poursuite de nos activités politiques communes. Et si notre solidarité doit se poursuivre et s’inscrire dans la durée, il est clair pour tout le monde que seul un mouvement de grande ampleur, à partir des leçons que nous aurons tiré de cette expérience et des précédentes, pourra réellement faire changer le choses.

       Qu’est ce que ça vous a appris ?
Quels enseignements en avez-vous tiré ? 

Les leçons de ces expériences sont nombreuses et elles le seront encore plus car nous n’en sommes qu’à nos débuts. Nous constatons également qu’elles sont plurielles, et qu’elles dépendent beaucoup des parcours de chacun. Pour des militants plus « traditionnels » c’est souvent une découverte de faire de la politique en dehors des cadres habituels, dans une structure participative et ouverte, loin de l’affinitaire et du caractère groupusculaire de certains groupes. Pour d’autres, c’est, comme nous le disions précédemment, une première expérience novatrice, qui s’appuie à la fois sur une expérience commune et partagée par tous, qui met en avant le caractère inégalitaire de nos sociétés de manière flagrante. Il s’agit également d’un apprentissage nouveau de manières de lutter, d’agir, de se déplacer et de s’organiser. Le confinement entraîne un certain nombre de contraintes, qu’elles soient répressives ou d’un autre ordre, qu’il s’agit de dépasser, de contourner ou d’intégrer dans nos pratiques. A cela s’ajoute la nécessité de respecter des consignes et un cadre sanitaire commun, élaboré collectivement, et sans cesse amélioré par l’expérience de terrain. Il y a des choses qui changent dans nos rapports, des liens forts qui se nouent, sans pour autant que nous puissions ni nous voir, ni nous toucher, parce que le contexte rend cela impossible, mais pourtant nous agissons ensemble dans un objectif commun. 


       Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Les difficultés sont nombreuses, et il y en beaucoup que nous ne parvenons pas à dépasser. Le manque de moyens, de matériels, l’impossibilité de répondre à certaines demandes … Nous sommes aujourd’hui dans une crise profonde. Nous tentons d’agir autant que possible, mais il faudrait des centaines de brigades pour arriver à peser réellement. Beaucoup de travailleurs nous contactent, isolés et non équipés, sans que nous puissions toujours répondre à leur demande. Beaucoup de familles nous appellent pour récupérer des colis alimentaires. Les demandes affluent et les moyens ne suivent pas toujours …  Comme nous agissons localement, nous sommes pour le moment à l’abri de la répression, des contrôles et des amendes pour non-respect des règles du confinement. Mais il est à craindre que notre initiative soit à un moment ou un autre la cible des forces de l’ordre, en raisons de notre approche et du travail politique que nous essayons de mettre en place. 

          Comment rejoindre cette initiative ?
Des conseils à donner aux personnes qui aimeraient lancer ce projet dans une autre ville ?

Pour nous rejoindre, les personnes peuvent nous contacter en envoyant un message sur notre page Facebook ou sur le mail qui correspond aux brigades chaque ville, afin d’être redirigées vers la brigade de leur secteur. Pour les personnes qui ne peuvent se déplacer ou qui souhaitent soutenir les brigadistes sur le terrain, nous avons mis en place une cagnotte en ligne, qui permet de financer notre travail quotidien et d’étendre nos secteurs d’intervention.
 
Avant de lancer ce projet dans une autre ville, il est utile de nous contacter pour être informés sur le projet et son mode de fonctionnement, et avoir accès à tous les documents et conseils qui permettent la mise en place d’une brigade dans le respect des protocoles sanitaires. Nous vous invitons vraiment à rejoindre les brigades de vos villes et, quand il n’y-en a pas, à porter l’initiative de la création d’une brigade locale.        –         

Par quel parcours en êtes-vous arrivé là ?
Qu’est ce qui vous a poussé à rejoindre cette initiative ?

 Je travaille actuellement en tant que surveillant dans un lycée. Le confinement et la fermeture de mon établissement scolaire ont permis de dégager du temps, que j’ai décidé d’investir dans les brigades. En effet, j’ai toujours été en désaccord avec l’action sociale de bon nombre d’associations qui ne font que mettre des pansements superficiels sur les problèmes causés par l’État et le système économique, sans jamais y adosser ni critique ni proposition. Le projet social ET politique des brigades m’a poussé à soutenir cette initiative. D’ailleurs, notre mot d’ordre « d’autodéfense sanitaire » sonne juste. Il renvoie à l’idée que pour se protéger de la pandémie, il faut compter que sur nos propres forces au lieu de croire en celle de l’État, dont la défaillance totale est enfin exposée au grand jour. Depuis une vingtaine d’années, des milliers de lits ont été fermés, des coupes budgétaires ont lieu régulièrement et les services publics sont déstructurés au profit d’une logique de rendement.
 
Il faut aussi rappeler que la défaillance de l’État est encore plus criante sur certains territoires. J’habite en Seine-Saint-Denis, département où la pandémie est la plus virulente et le taux de mortalité est donc le plus haut. Le confinement est vécu différemment selon notre position sociale. Des travailleurs décèdent tous les jours, tels qu’Aïcha, qui travaillait comme caissière et qui est décédée après avoir attrapé le Covid-19 car la direction ne lui avait pas fourni de matériels de protection. Il y a une nécessité à s’auto-organiser pour se défendre face aux différentes formes que revêt la domination, tout en recréant du collectif là où les politiques néolibérales cherchent à nous individualiser, nous isoler et nous faire exister uniquement comme une donnée économique.

          Comment voyez-vous la suite ?

 Bien que l’on puisse avoir du mal à voir la suite, puisqu’on vit au jour le jour, suspendu aux annonces et décisions du gouvernement, il est clair qu’un incroyable réseau de solidarité est en train de se développer. Il ouvre un tas de perspectives. Des dizaines de personnes rejoignent tous les jours les brigades, en adhérant au projet, donc la question de l’après se posera tous ensemble au moment venu. Comme le dit l’appel à la formation de brigades, il y aura une mise en accusation des défaillances de l’État et sa responsabilité dans la casse du service public, ainsi que sa gestion catastrophique et sécuritaire de la crise. J’ai vu une banderole dans mon quartier ou il y avait marqué : « Il faudra rendre des comptes ». Ça me semble vrai. A la fin de la pandémie, ceux qui en ont été les facteurs d’aggravation devront rendre des comptes. Nous continuerons probablement les actions de solidarité mises en place, puisque la crise n’a fait qu’exacerber la misère sociale.

             Une anecdote de terrain ?  

Il y a un type dans les brigades du 20e arrondissement qui a fabriqué avec sa copine plus de 500 masques en une journée. C’est impressionnant tout ce que les gens, le plus souvent issus des milieux populaires, sont prêts à fabriquer sans en avoir forcément les moyens. Toute cette énergie démontre que la solidarité existe bel et bien, que les personnes en grande précarité ne sont invisibles que pour les dominants. La pandémie aura fait naître une réelle solidarité populaire, défiant les logiques néolibérales à l’œuvre !

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