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Hors-les-Murs #22 – Chine, France, Italie, Espagne : quels déconfinements ?

Entre tournures de style, formules prudentes et injonction paternaliste à la responsabilité individuelle, Édouard Philippe a présenté, ce mardi 28 avril, les contours – encore flous – de ce que sera le déconfinement en France. Son allocution, censée clarifier les dispositions concrètes qui régiront nos vies après le 11 mai, a soulevé de nombreuses questions. Le plan ébauché est-il réellement applicable ? Est-il à la hauteur de l’enjeu sanitaire ? Quels sont les principes scientifiques qui ont guidé son élaboration ? Un détour par la Chine, l’Italie et l’Espagne, ces pays durement touchés qui ont eux-aussi dévoilé ou mis en œuvre des plans de déconfinement, permet d’apporter quelques éléments de réponse. 


En France un déconfinement prudent à partir du 11 mai (France Inter)

Port du masque obligatoire pour certain.e.s élèves, réouverture des crèches : voici le résumé des annonces d’Édouard Philippe lors de son intervention devant les députés, destinée à présenter la feuille de route du déconfinement qui pourrait commencer le 11 mai.

Un plan critiqué par une partie de la classe politique (Ouest-France)

Si la gestion de la crise sanitaire et du confinement a déjà fait l’objet d’une intense contestation politique, le plan de déconfinement proposé par Édouard Philippe à l’Assemblée nationale est également vivement critiqué. «Difficilement applicable», ce déconfinement semble pour certains être une «sortie hasardeuse» dans la mesure où «tout est encore loin d’être prêt».

La confusion de l’exécutif est totale, la défiance immense (Mediapart)

Les annonces faites par Édouard Philippe révèlent en creux des dissensions entre Matignon et l’Élysée. Ainsi, contrairement à Emmanuel Macron qui avait martelé la date du 11 mai lors de sa dernière allocution, le Premier ministre a renvoyé bon nombre de dispositifs à celle du 2 juin, qui fait aujourd’hui figure de nouvelle échéance. Édouard Philippe a également précisé que les mesures seraient adaptées « département par département », alors que l’Élysée ne souhaitait pas un déconfinement régionalisé.

La présidence verticale instaurée par Emmanuel Macron se heurte ainsi à la crise sanitaire. Les institutions sont malmenées, la société est braquée, les corps intermédiaires se méfient et les collectivités territoriales ne croient plus aux « jours heureux ». Quant au gouvernement, lui aussi confronté à cette hyper-présidence, il tente d’écoper le malaise. Sans y parvenir.

Dans les transports, un « déconfinement plus compliqué que le confinement » (Le Monde)

Le gouvernement veut renforcer l’offre des transports urbains tout en faisant baisser la demande, pour permettre de respecter les règles de distanciation sociale. Ce choix de la distanciation sociale en plus du port du masque a pris de court les entreprises de transport et, pour tout dire, va probablement leur rendre la vie impossible dans les semaines qui viennent.

Toutes (SNCF, RATP, Keolis, Transdev…) avaient milité pour le port du masque, mais comme substitut à la distanciation. Finalement, elles auront les deux. « Cela va être l’apocalypse », commente Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots. 

« Impossible », « absurde »… La réouverture des écoles inquiète enseignants et parents (Sud Ouest)

La réouverture progressive des écoles annoncée par Édouard Philippe suscite de nombreuses inquiétudes. « On ne comprend plus rien : on a un discours de prudence sur tout sauf sur l’école. Pourquoi faut-il se dépêcher de rouvrir les classes de maternelle et primaire, alors que ce sont des lieux de grande promiscuité ? », s’interroge Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire.

Un tour du monde des déconfinements (Le Monde)

Avec des calendriers et des modalités de mise en œuvre très différenciées, tous les « déconfinements » ne se ressemblent pas. Alors que certains pays ont décidé de rouvrir les commerces mais pas les écoles, certains ont préféré faire le contraire. L’article propose un tour d’horizon des politiques de déconfinement à travers le monde.

A Wuhan, un déconfinement progressif et sous surveillance (Le Monde)

L’activité reprend lentement dans l’épicentre de la pandémie, où le confinement a été levé le 7avril. Wuhan, capitale géante de la province du Hubei, dans le centre de la Chine, s’ouvre progressivement. Une partie des barricades qui ferment les quartiers et les résidences ont été retirées. Mais les contrôles restent stricts et le traçage numérique est systématique. Les habitants doivent ainsi continuer à donner leur température et à montrer leur code QR pour aller et venir. Le déconfinement total et le retour à la normale semblent lointains.

En Italie, pas de réouverture des écoles avant septembre (Le Figaro)

Dimanche 26 avril, le premier ministre italien Giuseppe Conte a dévoilé son plan de déconfinement. Le pays qui a pour l’instant payé le plus lourd tribut dans cette crise sanitaire (27 000 morts) s’apprête à une reprise partielle d’activité à partir du 4 mai. Ainsi les secteurs manufacturier et de la construction redémarreront à cette date. En revanche, les écoles resteront fermées jusqu’en septembre car « tous les scénarios préparés par un comité d’experts prévoyaient des risques élevés de contagion en cas de réouverture des écoles ».

Les autres différences entre l’Italie et la France (Huffington Post)

Confinée une semaine après l’Italie, la France lance également son « déconfinement » avec une semaine de décalage. Mais les les modalités de ce allégement varient d’un pays à l’autre, concernant l’ouverture des écoles, celle des restaurants, des commerces, ou encore sur les possibilités de se déplacer librement. Cet article joue au jeu des sept différences entre les deux pays.

En Espagne, un plan progressif et régionalisé (La Croix)

Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez a fixé, mardi 28 avril, la feuille de route du déconfinement « progressif » du pays. Il se fera par « phases » jusqu’à « fin juin », date à laquelle l’Espagne espère entrer dans une « nouvelle normalité ».

Pause-déjeuner des employés d’une usine automobile Dongfend Honda, le 23 mars 2020 à Wuhan (AFP)

Hors les murs – Nouvelles d’un monde bouleversé

Comment nous informer sur cette crise inédite ? Par son ampleur, sa rapidité, par les bouleversements qu’elle provoque dans nos vies, celle-ci nous sidère, nous inquiète, nous déstabilise et menace de nous faire perdre prise sur une réalité inconcevable il y a à peine quelques semaines. Continue, anxiogène, l’avalanche d’infos alimente le sentiment d’être submergé.e.s, dépassé.e.s. Il est pourtant plus que jamais nécessaire de comprendre, de donner un sens à ce que nous vivons, et donc de nous réapproprier les enjeux. Nécessaire pour ne pas être tenu.e.s à l’écart de décisions qui nous concernent tou.te.s, nécessaire pour maintenir notre capacité collective à agir et garder prise sur la situation.

C’est pourquoi chaque jour, nous publierons ici mais aussi sur Télégram et Facebook, une sélection d’informations fiables et vérifiées. Chaque jour, nous aborderons une nouvelle thématique pour tenter d’appréhender cette crise complexe et d’en examiner les nombreuses facettes.

Qui travaille encore et dans quelles conditions ? Que signifie « rester chez soi » selon où l’on se trouve ? Quels sont les effets sur les femmes de la pandémie et de sa gestion ? Pendant et après, comment tisser des solidarités ? Quel(s) monde(s) reconstruire ?… Dans le tourbillon d’infos, nous retiendrons les témoignages, enquêtes, tribunes, analyses… qui éclairent cette époque troublée. Cette sélection, non exhaustive, a bien-sûr vocation à être alimentée, complétée, discutée.