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Un groupement d’achats dans le Morvan

Depuis des années, Camille, naturaliste, est engagée dans le réseau associatif et alternatif du Morvan. Au début du confinement, elle a rapidement lancé un groupe d’entraide. Entretien.

Raconte nous un peu comment tu en es arrivé a créer un groupe d’entraide locale

Au début parce que je manquais d’informations fiables et qu’on avait besoin de se retrouver avec les gens du coin a propos de ce qui était autorisé ou pas. J’ai connu covid-entraide par l’infolettre d’une lutte locale, j’ai vu qu’il n’y avait rien sur la carte dans le Morvan alors j’ai créé la page Entraide Morvan sur Facebook. Tout de suite, mon réseau personnel et associatif a rejoint, puis d’autres groupes du Morvan qui ont relayé, on a maintenant plus de trois cent personnes de la région dans le groupe Facebook. Le groupe est hyperactif et autogéré, il fonctionne sans moi qui ait pourtant créé le groupe, c’est parfait, c’est exactement ce que j’attendais. Il y a des modérateurs, on accepte tout le monde, pour le moment on a du supprimé une seule personne qui diffusait des messages inappropriés, sinon pas grand-chose a modérer. On essaye de se focaliser sur les informations locales pour éviter que ça devienne le débat permanent, il y a d’autres espaces pour ça. Par exemple on transfère les informations de nos mairies sur le groupe. Ça permet d’avoir une vision un peu transversale de ce qu’il se passe dans le coin comme les marchés ouverts, les boutiques qui proposent un drive, les besoins des personnels des soignants locaux … Ça crée du lien entre des gens qui en temps normal n’auraient jamais interagit avec nos réseaux alternatifs mais qui là se rendent compte qu’on se débrouille et nous font confiance pour s’entraider.

Vous vous basez donc sur un réseau existant ?

Oui, notamment sur l’association Peirao dont je suis la présidente, créée il y a deux ans, elle a pour but de faire découvrir la nature aux enfants et aux adultes et de faciliter la cohabitation entre humains et non-humains en mettant en place des opérations de solidarité écologiques et sociales. Comme on a un site internet pour faire circuler les informations et un réseau avec une liste mail, les adhérents et les bénévoles de l’association se sont rapidement mobilisés. La recherche d’alternatives, de lien, de «local », une forme de décroissance a laquelle nous force l’épidémie, nous on est là-dedans depuis un moment !

Qu’est ce que vous avez mis en place ?

Un groupement d’achat avec des producteurs locaux : maraîchers, fruits, bières, pain, produits de première nécessité, épicerie fine. On a trois points relais ou les gens viennent chercher leur panier, une trentaine de panier cette semaine, le nombre a augmenté toutes les semaines depuis trois semaines et cela va probablement continuer. Mêmes les mairies voudraient maintenant passer par nous pour faire des paniers ! On passe par le Helloasso de Peirao pour éviter les transactions de monnaie, et l’association règle ensuite les producteurs. On ne prend aucune marge obligatoire : celle-ci est a prix libre, chacun.e met ce qu’il ou elle veut. Il y a aussi des gens qui proposent des choses a troquer…

Autre chose ?

Pour l’instant non mais on souhaite pérenniser ce groupement d’achat, à la demande des participants. De manière générale on rend des services qu’on peut nous demander en appelant le numéro de téléphone de l’association : on a proposé des soutiens au vieux, on a fait quelques livraisons, on a aidé des jeunes parents qui avaient besoin de vêtements plus grands pour leur bébé… Rien de plus pour le moment, si l’école ne reprend pas on fera sûrement des actions avec les enfants. Covid-entraide nous aura aidé à nous lancer mais sinon on a pas eu besoin de plus de soutien du réseau national pour le moment.

site internet : https://www.peirao.org